Beyza Binnur Dönmez
24 Juillet 2026•Mise à jour: 24 Juillet 2026
La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés reste une « bouée de sauvetage » pour des millions de personnes contraintes de fuir les persécutions, les conflits et les violences, a déclaré vendredi l’agence des Nations unies pour les réfugiés, à l’occasion du 75e anniversaire du traité.
S’exprimant devant des journalistes à Genève, Elizabeth Tan, directrice de la Protection internationale et des Solutions au HCR, a déclaré que la Convention demeurait la pierre angulaire du système international de protection des réfugiés, malgré la pression croissante exercée sur les systèmes d’asile dans le monde.
« Au total, 149 États sont parties à la Convention, à son Protocole de 1967, ou aux deux », a-t-elle déclaré, ajoutant que le principe fondamental de non-refoulement interdit de renvoyer des personnes vers des lieux où elles risquent d’être victimes de persécutions, de torture ou d’autres formes de préjudice grave.
Répondant à l’argument selon lequel la Convention ne serait plus adaptée au monde globalisé d’aujourd’hui, marqué par des mouvements migratoires mixtes et des systèmes d’asile débordés, Tan a déclaré : « Nous ne sommes pas d’accord. »
Selon elle, la Convention reste pertinente face aux défis actuels. Elle fournit le cadre juridique permettant de distinguer les réfugiés des autres migrants tout en garantissant une protection aux personnes qui en ont besoin.
« Dans un monde confronté à des niveaux records de crises et d’instabilité – avec plus de 130 conflits armés recensés dans le monde en 2025, selon le Comité international de la Croix-Rouge – quelque 41,6 millions de réfugiés étaient toujours déracinés », a-t-elle déclaré.
« Même dans un contexte de débat de plus en plus polarisé, le soutien du public au droit d’asile reste fort : environ deux tiers des personnes interrogées cette année par Ipsos dans 29 pays soutiennent le droit des personnes fuyant la guerre ou les persécutions à demander refuge. »
Elle s’est inquiétée des pratiques qui restreignent l’accès à l’asile, notamment les refoulements et les retours forcés, et a averti que le manque de financements compromettait l’aide apportée aux réfugiés.
Alors que le HCR n’était financé qu’à hauteur de 31 % à la fin du mois de juin, les services essentiels destinés aux personnes déplacées sont de plus en plus limités, a-t-elle déclaré, appelant à un soutien international renouvelé en faveur du droit d’asile et des communautés qui accueillent les réfugiés.
« Soixante-quinze ans après son adoption, la Convention est aujourd’hui un test de notre détermination collective à protéger les personnes contraintes de fuir et à maintenir l’accès à l’asile pour celles et ceux qui en ont besoin », a conclu Tan.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani