L’ONU met en garde contre un risque «d’occupation» dans le sud du Liban alors que 200 000 personnes fuient vers la Syrie

- Une personne sur cinq au Liban est actuellement déplacée en raison d’une « destruction énorme », déclare Tom Fletcher

AA / Wahington / Rabia Iclal Turan

Le chef de l’aide humanitaire de l’ONU a alerté jeudi sur un risque d’« occupation » dans le sud du Liban, alors que 200 000 réfugiés et déplacés ont fui du Liban vers la Syrie ces dernières semaines en raison des attaques israéliennes.

« Environ 200 000 réfugiés ou personnes déplacées ont franchi la frontière au cours des trois ou quatre dernières semaines », a déclaré Tom Fletcher devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Il a précisé que la grande majorité, soit 175 000, sont des Syriens retournant chez eux, tandis qu’environ 25 000 autres sont principalement des Libanais et des Palestiniens.

Fletcher a décrit une crise humanitaire qui s’aggrave, soulignant qu’« une personne sur cinq au Liban est actuellement déplacée », sous l’effet des actions militaires dévastatrices d’Israël et des tirs de roquettes du Hezbollah.

Il a évoqué une « destruction énorme » et un « déplacement actif et contraint », avertissant : « Nous faisons face à la perspective et d’après certaines déclarations de ministres israéliens, c’est un réel danger, d’une nouvelle occupation, d’un nouveau territoire occupé dans le sud du Liban ».

Fletcher a également exprimé son inquiétude quant à la durée du conflit, estimant qu’« il y a le sentiment que ce sera probablement un conflit de longue durée », et prévenant que même si la guerre plus large venait à s’atténuer, les combats entre Israël et le Hezbollah « pourraient ne pas » cesser.

« Cela aura des conséquences humanitaires importantes pour le Liban, mais aussi pour la région au sens large », a-t-il ajouté.

Cette escalade a débuté après que le Hezbollah a lancé des attaques transfrontalières contre Israël suite au déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran le 28 février, poussant Israël à mener des frappes aériennes et des opérations terrestres au Liban.

Les autorités libanaises ont indiqué que près de 1 318 personnes ont été tuées et 3 935 blessées depuis le début des attaques israéliennes.

*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz