Mohammad Sio
22 Juillet 2026•Mise à jour: 22 Juillet 2026
AA / Le Caire et Istanbul
L’Égypte a accusé lundi l’Éthiopie d’exploiter le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) sur le Nil de manière « politisée », à travers des mesures unilatérales qui ont affecté l’Égypte et le Soudan.
Ces déclarations ont été faites par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, lors d’une conférence de presse conjointe au Caire avec son homologue mozambicaine, Manuela Lucas.
Abdelatty a qualifié la sécurité hydrique de question « existentielle » pour l’Égypte et de priorité nationale, affirmant qu’elle « ne peut faire l’objet d’aucun compromis ».
Il a déclaré que l’Égypte avait à plusieurs reprises averti que l’Éthiopie avait développé le barrage par des mesures unilatérales ne respectant ni le droit international ni le principe de coordination préalable, ajoutant que « l’Éthiopie, en tant que pays en amont, ne peut pas agir unilatéralement ».
Il a accusé l’Éthiopie de gérer le barrage de manière « politisée », sans coordination préalable avec les deux pays situés en aval, l’Égypte et le Soudan, avertissant que ces actions avaient eu des « répercussions très négatives ».
Selon Abdelatty, la récente rétention d’eau par l’Éthiopie, sans coordination préalable, a provoqué ces derniers jours une baisse du niveau des eaux au Soudan, affectant l’approvisionnement en eau des populations soudanaises.
Il a souligné que l’Égypte « ne s’oppose pas au droit de l’Éthiopie au développement, à condition que cela ne nuise ni au Soudan ni à l’Égypte », ajoutant : « Ils ont le droit au développement, et nous avons le droit à la vie. »
L’Égypte et le Soudan sont en désaccord de longue date avec l’Éthiopie au sujet du remplissage et de l’exploitation du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, dont la construction a commencé en 2011 et qui a été officiellement inauguré en septembre 2025.
Le Caire et Khartoum réclament un accord trilatéral juridiquement contraignant encadrant le remplissage et l’exploitation du barrage avant l’achèvement du processus.
L’Éthiopie soutient toutefois que le projet ne nécessite pas un tel accord contraignant et affirme qu’elle n’a pas l’intention de porter atteinte aux intérêts d’un autre pays. Le différend a entraîné une suspension des négociations pendant trois ans, avant leur reprise en 2023, puis leur nouvel enlisement en 2024.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz