Mohammad Sio
04 Août 2026•Mise à jour: 04 Août 2026
AA / Istanbul
L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, s'est entretenu mardi par téléphone avec le président américain Donald Trump afin d'évoquer les efforts diplomatiques en cours pour apaiser les tensions entre Washington et Téhéran, selon un communiqué de la Cour de l'émir.
Les deux dirigeants ont fait le point sur la situation régionale, en particulier sur les initiatives visant à réduire les tensions entre les États-Unis et l'Iran et à rapprocher les deux pays, dans l'objectif de parvenir à un règlement diplomatique durable.
Donald Trump a salué le rôle joué par le Qatar dans la médiation entre les deux parties, estimant que les efforts de Doha contribuent à renforcer la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient.
De son côté, Cheikh Tamim a insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue et de privilégier les voies diplomatiques pour résoudre les différends. Il a également appelé toutes les parties à respecter les engagements pris dans le cadre du mémorandum d'entente conclu entre Washington et Téhéran, tout en soutenant les initiatives internationales destinées à contenir les tensions et à préserver la paix et la sécurité régionales.
Les deux responsables ont enfin réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coordination sur les principaux dossiers régionaux et internationaux.
Plus tôt dans la journée, des sources gouvernementales pakistanaises avaient indiqué à Anadolu que les médiateurs préparaient un document destiné à permettre la réouverture du détroit d'Ormuz, alors que le Pakistan et le Qatar ont intensifié leurs contacts avec Washington et Téhéran.
Selon ces sources, les discussions indirectes entre les États-Unis et l'Iran, menées par l'intermédiaire des médiateurs pakistanais et qataris, sont entrées dans leur « phase finale ».
Une source proche du dossier a indiqué qu'« une avancée majeure » concernant la réouverture du détroit d'Ormuz, dans le cadre du mémorandum d'entente d'Islamabad, pourrait intervenir cette semaine, après l'intensification des démarches diplomatiques auprès de Washington, de Téhéran et de plusieurs partenaires régionaux.
Oman, engagé depuis plusieurs semaines dans des discussions avec l'Iran sur la gestion future du détroit d'Ormuz, participe activement aux efforts visant à mettre fin aux hostilités et à rouvrir cette voie maritime stratégique.
Toujours selon ces sources, le document, limité à une seule page, porte exclusivement sur le détroit d'Ormuz et ouvrirait ensuite la voie à la reprise des négociations directes entre Washington et Téhéran, suspendues depuis plusieurs semaines.
Le texte prévoit que l'Iran rouvre le détroit, tandis que les États-Unis lèveraient le blocus imposé aux ports iraniens. Il ne comporte en revanche aucune disposition concernant le programme nucléaire iranien.
Washington et Téhéran avaient signé un mémorandum d'entente le 17 juin avant d'engager des négociations en vue d'un accord définitif. Les discussions se sont toutefois enlisées sur les questions des garanties de sécurité et de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du commerce mondial et des exportations d'hydrocarbures.
Entre le 8 et le 24 juillet, les États-Unis et l'Iran ont échangé des frappes militaires. Washington a visé plusieurs cibles en territoire iranien, tandis que Téhéran a riposté en frappant ce qu'il a présenté comme des installations et équipements militaires américains situés dans plusieurs pays arabes, notamment en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.
* traduit de l'anglais par Ayse Betul Akcesme