Necva Tastan Sevinc
06 Août 2026•Mise à jour: 06 Août 2026
Les incendies de forêt ont ravagé environ 70.000 hectares en Italie depuis le début de l'année, soit une hausse de 133 % par rapport à la moyenne des vingt dernières années, a indiqué mercredi le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Selon un nouveau rapport du WWF Italie, la superficie brûlée équivaut à près de 100.000 terrains de football, tandis que près d'un tiers des incendies ont touché des zones protégées.
À l'échelle européenne, environ 435.000 hectares ont déjà été détruits par les flammes depuis le début de l'année, soit près de 100.000 hectares de plus qu'à la même période en 2025.
En Espagne, les incendies ont consumé 219.000 hectares, tandis qu'en France, 91.000 hectares ont été ravagés [ndlr : 120 000 hectares selon les dernières données disponibles]. Les feux ont fait des dizaines de victimes et contraint plus de 300.000 personnes à évacuer temporairement leur domicile.
Le WWF estime que les incendies de plus en plus extrêmes deviennent la « nouvelle norme », sous l'effet du changement climatique et d'une gestion insuffisante des forêts et des autres espaces naturels vulnérables.
L'organisation prévient que, si les opérations d'extinction demeurent indispensables, elles ne suffisent plus face à des incendies toujours plus intenses, simultanés et difficiles à maîtriser.
« Chaque été, nous assistons au même scénario : des territoires dévastés, des communautés évacuées, une biodiversité détruite et des coûts économiques considérables », a déclaré Edoardo Nevola, responsable des forêts au WWF Italie.
« Nous ne pouvons plus nous contenter de courir après les incendies et de privilégier leur extinction. Le véritable défi consiste à empêcher qu'ils deviennent incontrôlables en intervenant avant qu'ils ne se développent », a-t-il ajouté.
Le rapport formule dix priorités à l'attention des autorités, notamment l'augmentation des financements consacrés à la prévention, le renforcement de la coordination entre les différentes agences, l'amélioration de la surveillance des risques, le renforcement du contrôle des territoires et l'intégration de la prévention des incendies dans les politiques d'adaptation au changement climatique.
Le WWF souligne enfin que les activités humaines sont responsables à la fois du changement climatique qui favorise l'intensification des incendies extrêmes et de la quasi-totalité des départs de feu, insistant sur la nécessité d'investissements structurels pour rendre les paysages plus résilients.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir