Necva Tastan Sevinc
22 Juillet 2026•Mise à jour: 22 Juillet 2026
L'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban a accusé mercredi les procureurs d'agir sur ordre politique après que des enquêteurs ont saisi des serveurs et des données appartenant à son parti, le Fidesz, selon des médias locaux.
Orban a déclaré que les autorités avaient saisi l'intégralité du registre des membres du parti, son système de correspondance interne ainsi que des données personnelles confidentielles lors d'une opération menée mardi, selon le quotidien hongrois Magyar Nemzet.
Il a affirmé que l'enquête visant le Fonds national de la culture (NKA) était utilisée comme prétexte pour empêcher le Fidesz de fonctionner.
« Cela ne se produit que dans les dictatures les plus dures », a déclaré Orban sur le réseau social américain Facebook, qualifiant l'enquête d'opération politiquement motivée contre son parti.
Selon les informations rapportées, les enquêteurs ont perquisitionné un centre de données de Magyar Telekom, situé dans la rue Asztalos Sandor, dans le 8ᵉ arrondissement de Budapest, où sont hébergés les serveurs du Fidesz.
Les autorités auraient copié les communications internes et saisi du matériel informatique, rendant les comptes de messagerie du parti inutilisables et son site internet inaccessible. Les avocats du Fidesz étaient présents lors de l'opération.
Le directeur de la communication du parti, Bertalan Havasi, a indiqué que les enquêteurs étaient arrivés sans préavis et avaient l'intention de saisir l'ensemble du système de communication et des bases de données du Fidesz. Il a qualifié cette opération d'inédite en Hongrie depuis la fin du régime communiste.
Viktor Orban et le nouveau président du groupe parlementaire du Fidesz, Janos Boka, ont tenu une conférence de presse devant le siège du parti, dans la rue Lendvay, expliquant qu'il leur était impossible de s'exprimer à l'intérieur du bâtiment, celui-ci étant privé d'accès à internet à la suite de la saisie des serveurs.
Boka a indiqué que le parti envisageait de déposer une plainte pour abus de pouvoir.
L'opération pourrait être liée à une enquête concernant le Fonds national de la culture, ouverte à la suite d'allégations selon lesquelles d'importantes subventions publiques auraient été attribuées à des personnes et des organisations liées au Fidesz.
Les enquêteurs soupçonnent l'organe décisionnel du fonds d'avoir accordé, à partir de décembre 2024, 1 079 subventions représentant plus de 17 milliards de forints hongrois (environ 53 millions de dollars) en violation de la législation applicable et des règlements internes.
Balazs Bus, ancien vice-président du fonds, ainsi que plusieurs dirigeants de l'organisme qui le gère, ont été arrêtés fin juin puis placés en détention provisoire.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz