Beyza Binnur Dönmez
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
AA / Genève
Quelque 1,4 million de personnes dans la bande de Gaza devraient être confrontées à des « niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë » d’ici décembre 2026, contre 1,2 million entre la mi-avril et juin, malgré les améliorations enregistrées grâce à l’aide humanitaire, selon une nouvelle analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publiée jeudi.
Selon l’IPC, le nombre de personnes en situation de crise (Phase 3) ou dans une situation plus grave devrait atteindre 67 % de la population de Gaza, tandis que 212 000 personnes devraient demeurer en situation d’urgence (Phase 4). Les cinq gouvernorats de l’enclave sont classés en situation de crise.
Le rapport indique que l’élargissement de l’aide humanitaire à la suite du cessez-le-feu conclu en octobre 2025 a contribué à améliorer la sécurité alimentaire et la situation nutritionnelle. En mai, l’aide alimentaire a ainsi bénéficié à environ 1,49 million de personnes. Toutefois, le document souligne que les rations restent insuffisantes, que les moyens de subsistance se sont effondrés et que 83 % des ménages déclarent ne disposer d’aucune source de revenus, rendant la majorité des familles dépendantes de l’aide extérieure.
L’IPC avertit également que les progrès récents demeurent « extrêmement fragiles », l’aide humanitaire ayant diminué depuis février en raison des contraintes de financement et des incertitudes entourant les opérations des organisations humanitaires internationales. Sans assistance alimentaire, près de 1,9 million de personnes, soit environ 90 % de la population de Gaza, seraient confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë d’ici décembre, prévient le rapport.
Le document estime par ailleurs que 74 200 enfants de moins de cinq ans auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë d’ici avril 2027, dont 11 432 souffrant de malnutrition aiguë sévère.
Parallèlement, 24 600 femmes enceintes et allaitantes ont un besoin urgent d’un soutien nutritionnel.
Enfin, l’IPC appelle à garantir un accès humanitaire durable, à renforcer les programmes de nutrition et à instaurer un cessez-le-feu permanent afin d’éviter une détérioration des progrès récemment enregistrés.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba