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France : Vives critiques après la dispersion par la police d’une veillée funéraire en mémoire de Yanis

- Le jeune Yanis est décédé le 3 juin courant suite à une course poursuite avec la police

Fatma Bendhaou   | 15.06.2021
France : Vives critiques après la dispersion par la police d’une veillée funéraire en mémoire de Yanis

France

AA/Paris/Fatih KARAKAYA

La police française a dispersé avec du gaz lacrymogène, le 4 juin courant, une veillée funéraire, dans le quartier de La Plaine Saint-Denis, en mémoire de Yanis, un jeune de 20 ans décédé la veille, a révélé lundi Mediapart.
Dans un vidéo publiée par le site d’information, la police serait intervenue brutalement à la veillée organisée par la famille en mémoire du jeune Yanis décédé le 3 juin suite à une course poursuite avec la police.
En effet, Yanis décédera le 3 juin, après avoir passé 49 jours dans le coma suite à l'accident survenu le 14 avril dernier.
D’après les éléments recueillis par le Mediapart, plusieurs habitants de ce quartier de Saint-Denis, dont des enfants, ont été la cible de tirs de grenades lacrymogènes et de LBD par des policiers. « Une femme enceinte a dû être hospitalisée », assure la même source.
Selon les témoignages des personnes présentes, suite au décès du jeune Yanis, la famille a organisé, en présence des habitants du quartier et des responsables de la mairie, une veillée sans aucun incident.
Pour faire respecter les contraintes sanitaires, la famille aurait décidé d’étaler sur trois jours la veillée afin d’éviter trop de personnes à la fois.
Or, toujours selon Mediapart, c’est au deuxième jour de cette veillée qu’une patrouille de police serait intervenue pour faire respecter le couvre-feu alors que les personnes s’apprêtaient à rentrer chez elles.
« Tout le monde était sur le départ. Lorsqu’on a été prévenu qu’à l’extérieur, une voiture de police stationnait devant le local. Je pensais que les policiers étaient juste là pour vérifier le couvre-feu. Mais ils étaient dans la provocation et ne voulaient rien entendre, » explique ainsi une mère de famille au même média.
D’après elle, la situation s'est rapidement envenimée et la police a fait « usage massif et disproportionné de grenades lacrymogènes et de LBD ».


- La préfecture de police conteste la version
Malgré de nombreux témoignages concordants rapportés par Mediapart, la police dément la version et affirme que les policiers ont été pris pour cible.
« Lorsque les policiers ont gazé les femmes et les enfants, les jeunes ont répliqué » conteste un autre témoin.
Suite à la publication de la vidéo, plusieurs personnalités ont vivement critiqué l’attitude de la police. L’historien Dominique Vidal a demandé « la démission de Gérald Darmanin » tandis que d’autres ont affirmé ne pas comprendre l’acharnement contre « les jeunes de banlieues. »
De son côté, le député de La France Insoumise (LFI), Eric Coquerel, est directement intervenu pour « faire libérer un jeune en garde à vue qui a subi des violences policières ».
« Je suis révolté par ce déni d’humanité. J’accompagnerais ces familles et ces jeunes. Une demande est notamment formulée de manière claire : que les images vidéos du Carrefour ou s’est passée la charge policière soient confiées aux avocats des victimes. La vérité doit s’imposer, c’est une urgence ! », a-t-il encore écrit sur son compte Twitter.

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