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France : Ouverture d'une enquête sur l'affaire du logiciel espion "Pegasus"

- Emmanuel Macron a présidé un Conseil de défense consacré à la cybersécurité, après que son numéro soit apparu sur une liste de cibles potentielles

Ekip   | 22.07.2021
France : Ouverture d'une enquête sur l'affaire du logiciel espion "Pegasus"

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AA / Paris, France / Shweta Desai

La France a ouvert, jeudi, une enquête sur l'affaire du logiciel espion Pegasus, deux jours après qu'il a été révélé que le téléphone du président Macron était la cible d'un éventuel piratage.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré à franceInter que le président Emmanuel Macron "suivait de près cette affaire et la prenait très au sérieux".

"Il a présidé ce matin à l'Élysée un Conseil de défense exceptionnel consacré à l'affaire Pegasus et à la question de la cybersécurité dans notre pays", a-t-il précisé.

Le journal Le Monde, avec un groupe international regroupant 17 médias, qui a publié les informations relatives au projet Pegasus, a révélé, mardi, que le président Macron, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe et au moins 14 autres ministres figuraient sur une liste de cibles potentielles du logiciel espion Pegasus, établie par un service de sécurité marocain.

Une douzaine de gouvernements sont accusés d'avoir employé la société israélienne de logiciels militaires pour pirater les téléphones de journalistes, d'activistes, de personnalités politiques de l'opposition, d'avocats, de juges et de critiques.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur Pegasus à la suite d'une plainte déposée par deux journalistes de Mediapart qui ont déclaré que leurs numéros avaient été pris pour cible par les services secrets marocains.

Gabriel Attal a déclaré que le gouvernement enquêtait pour savoir si des téléphones portables avaient été piratés et si des données avaient été soutirées.

Concernant les allégations selon lesquelles l'un des deux IPhone de Macron, qui aurait été la cible de ce système de surveillance, était continuellement en service depuis 2017, Attal a déclaré que les téléphones du président étaient changés régulièrement en fonction des paramètres de sécurité.

Il a également affirmé que la France travaillait sérieusement sur la question de la cyberdéfense et de la cybersécurité, de sorte que l'année dernière, le pays a consacré 100 millions d'euros (118 millions de dollars) à la protection des hôpitaux et des communautés contre les cyberattaques.

Le gouvernement marocain a nié avoir eu recours à Pegasus pour pirater les téléphones des dirigeants politiques français ou des journalistes.

La société israélienne qui a développé Pegasus, NSO Group, a contesté l'enquête menée par les journalistes.

"Toute affirmation selon laquelle un nom figurant sur la liste est nécessairement lié à une cible de Pegasus ou à une cible potentielle de Pegasus est erronée et fausse", a-t-elle déclaré.


*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

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