France : mesures de soutien aux agriculteurs face à la hausse du carburant et des engrais

- Grand plan engrais, reports de cotisations sociales, prêts carburants à courts termes, prêts structurels à hauteur de 500 millions sont entre autres les annonces de la ministre française de l'Agriculture pour aider les agriculteurs en difficultés

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé mardi plusieurs mesures pour aider les agriculteurs confrontés à la hausse du gazole non-routier (GNR) et des engrais, conséquence de la guerre au Moyen-Orient.

« La période est très difficile, notamment pour des intrants stratégiques comme le GNR et les engrais, qui sont directement concernés par la crise de l’énergie », a déclaré la ministre sur BFMTV. Pour y répondre, elle a précisé que le gouvernement reporte certaines obligations fiscales et cotisations à la Mutualité sociale agricole (MSA), le régime de sécurité sociale des agriculteurs.

Un prêt carburant à court terme sera mis en place pour « soulager les trésoreries qui sont les plus concernées par l’augmentation du GNR », a indiqué Genevard. Selon elle, « nous mettons en place des prêts structurels à hauteur de 500 millions d’euros pour certaines filières pour restructurer les trésoreries qui seraient le plus affectées par cette crise ».

La ministre a également annoncé le lancement d’« un grand plan engrais », soulignant que « cette crise révélait des fragilités, notamment une dépendance en matière d’engrais qui sont essentiels à la production agricole ».

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du GNR a grimpé de 700 à 900 euros les 1 000 litres, selon la Coordination rurale, et les filières craignent aussi une hausse des engrais, dont un tiers du flux mondial passe par le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran.

Lors d’une réunion avec les représentants des secteurs des engrais et des carburants le 12 mars, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, avait averti qu’« aucun abus » sur le prix du GNR ne sera « toléré ».