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France: les réseaux sociaux en ébullition après la décapitation d’un professeur d’histoire

Feiza Ben Mohamed   | 17.10.2020
France: les réseaux sociaux en ébullition après la décapitation d’un professeur d’histoire

France

AA/Nice/Feïza Ben Mohamed

Les réseaux sociaux et particulièrement Twitter, sont le théâtre d’échanges virulents, et ouvertement racistes, depuis vendredi soir, après l’annonce de la décapitation d’un professeur de 47 ans pour avoir montré des caricatures du prophète Mohamed à ses élèves.

Les condamnations sont unanimes, et nombreux ont été les politiques qui se sont exprimés sur le sujet, en apportant leur soutien à la famille de la victime et en condamnant cet attentat.

Du chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui fustige un « assassin (...) qui salit sa religion », au Premier ministre Jean Castex, qui estime que « c'est la République qui a été frappée en plein cœur par le terrorisme », nombreux sont ceux qui ont eu un mot ou un message sur Twitter.

Du coté des associations et structures musulmanes, l’effroi est également palpable et les condamnations unanimes.

La plateforme L.E.S. Musulmans a diffusé un communiqué dans la soirée de vendredi pour faire état de sa « tristesse » et de sa « sidération » après « l’acte barbare qui a conduit à tuer sauvagement un professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine. »

« Nous condamnons fermement cet acte et espérons que dans un moment de tristesse profonde comme celui que nous vivons, la compassion, la solidarité et la lucidité sauront prévaloir sur les tentatives de récupérations politiques » poursuit et conclut le communiqué.

Et pour cause, certains politiques se sont rapidement illustrés par l’outrance, et en répandant des amalgames visant les musulmans.

« Il faut arrêter avec cette immigration de masse » a par exemple lancé l’ancienne ministre Nadine Morano.

Même son de cloche du côté de Jean-Marie Le Pen, qui a publié un message aux relents ouvertement xénophobes.

« La décapitation d'un professeur d'Histoire par un jeune immigré est une démonstration sanglante de la guerre de conquête qui est faite contre la France. Nos avertissements depuis des décennies s'en trouvent cruellement justifiés » a-t-il écrit.

Au delà des récupérations politiques, le syndicat de police « Synergie officiers », a lui aussi participé au concours de déclarations outrancières.

Alors que le journaliste Taha Bouhafs présentait, dans un tweet, ses « pensées à la famille au aux proches », le syndicat l’a interrogé en demandant si ce message s’adressait à la victime ou à l’auteur de l’attentat.

Bien que le tweet ait été supprimé face au tollé provoqué, Taha Bouhafs s’est dit « blessé et humilié » par cette allusion.

Son avocat Maître Arié Alimi a également réagi en pointant du doigt « le racisme de Synergie officiers, non condamné par Gerald Darmanin » qui « est l'une des gangrènes de notre République qui contribue à fracturer notre société et fait le lit du terrorisme ».

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