AA / Istanbul / Sanaa Amir
Les incendies de forêt qui frappent le sud-ouest et le sud-est de la France restent sous haute surveillance, mais les autorités ont annoncé samedi une stabilisation de la situation dans le Var, tandis que le mégafeu en Gironde demeure contenu malgré la persistance de plusieurs foyers actifs.
Dans le Var, les pompiers sont parvenus à empêcher toute nouvelle propagation de l'incendie qui s'est déclaré vendredi dans le massif du Gros Bessillon. « Les verrous sur les points sensibles ont tenu. Il n'y a pas de nouvelle surface impactée », a déclaré aux médias locaux préfet du Var, Simon Babre. Si la progression du feu a été stoppée au cours de la nuit, les quelque 2.500 habitants évacués ne sont pas encore autorisés à regagner leur domicile.
L'incendie, qui s'est propagé à une vitesse exceptionnelle, a parcouru environ 1.000 hectares en seulement six heures, avec des flammes avançant « plus vite qu'un cheval au galop », selon la préfecture. Pour contenir le sinistre, près de 1.500 sapeurs-pompiers restent mobilisés, appuyés par un important dispositif aérien comprenant huit Canadair, deux avions Dash et six hélicoptères bombardiers d'eau selon les médias locaux.
Les centres des communes de Correns et de Montfort-sur-Argens demeurent confinés par mesure de précaution. Les autorités ont toutefois indiqué que l'alimentation en eau et en électricité avait été rétablie et que certaines routes départementales étaient de nouveau accessibles aux véhicules de secours.
En Gironde, où le plus important incendie de forêt enregistré en France depuis 1949 ravage le département depuis le 22 juillet, la situation reste qualifiée de stable. Dans son dernier point de situation, la préfecture a indiqué que le feu demeurait « contenu dans son périmètre malgré des secteurs actifs persistants ».
Le lieutenant-colonel Eric Pitault, du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 33), a précisé que le feu n'était « toujours pas fixé » et que les équipes poursuivaient une surveillance intensive afin de parvenir à sa maîtrise dans les prochains jours.
Les secours concentrent notamment leurs efforts sur près de 240 kilomètres de lisières, avec deux secteurs particulièrement sensibles situés le long du littoral du Porge et au sud de Lacanau.
Le mégafeu a détruit environ 42.000 hectares de végétation. Sur les quelque 220.000 habitants évacués depuis le début de la catastrophe, environ 90 % ont pu regagner leur domicile. Certaines communes, notamment Saumos, Le Temple, Le Porge et Lège-Cap-Ferret, restent toutefois partiellement évacuées en raison des risques persistants.
Les autorités recensent toujours 240 habitations détruites, un bilan qui pourrait évoluer à mesure que les équipes de reconnaissance accèdent à l'ensemble des zones sinistrées.
La mobilisation demeure exceptionnelle. En Gironde, 3.300 pompiers venus de toute la France poursuivent les opérations aux côtés de 1.500 militaires, de 1.250 policiers et gendarmes, ainsi que de forestiers, d'agriculteurs et de nombreux bénévoles.
Le dispositif est soutenu par 24 moyens aériens, dont sept mis à disposition par l'Union européenne. Depuis le début des opérations, plus de 260 pompiers ont été blessés.
Le trafic ferroviaire de la SNCF, interrompu depuis le 26 juillet au sud de Bordeaux en raison de la proximité des flammes, doit reprendre samedi à l'occasion du week-end de chassé-croisé des vacances d'été.
Sur le terrain, les marques de solidarité envers les secours se multiplient. À Saint-Jean-d'Illac, des habitants ont accueilli les pompiers par des applaudissements à leur retour dans un quartier miraculeusement épargné. « On n'a même pas les mots, merci ne suffit pas. On est tellement reconnaissants envers les pompiers », a témoigné Coralie Bouillaut, une habitante ayant pu regagner son domicile après plusieurs jours d'évacuation.
Au-delà des dégâts matériels, les conséquences environnementales suscitent également de vives inquiétudes. Le président de la Ligue de protection des oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, a estimé que « des millions d'animaux » avaient été affectés par les incendies, qu'il s'agisse de la faune sauvage ou d'animaux domestiques laissés sur place lors des évacuations.
Les autorités soulignent que la sécheresse prolongée des sols et de la végétation, accentuée par le changement climatique et les récentes vagues de chaleur, favorise la multiplication et l'intensité des incendies de forêt.
Par ailleurs, en Haute-Corse, la situation est désormais maîtrisée dans la vallée touristique de la Restonica après dix-huit jours de lutte contre les flammes, qui ont détruit plus de 1.000 hectares.
Sur le plan judiciaire, le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que 308 personnes avaient été interpellées dans le cadre d'enquêtes sur des départs de feu à travers le pays. Selon lui, près des deux tiers de ces affaires pourraient être liés à des actes volontaires, tandis que 33 personnes ont été placées en détention.