AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a déclaré mercredi devant l’Assemblée nationale que la guerre au Proche et au Moyen-Orient « n’est pas une crise lointaine », mais un conflit susceptible de s’étendre, lors d’une déclaration suivie d’un débat en application de l’article 50-1 de la Constitution.
Rendant hommage à un soldat français mort en Irak, il a affirmé que la crise actuelle « menace la sécurité maritime » et « déstabilise durablement toute une région », avec des implications directes pour la France.
- Présence militaire et renforcement des capacités
Le chef du gouvernement a indiqué que plus de 5 000 militaires français sont déployés au Proche et au Moyen-Orient, notamment au Liban, en Irak, en Jordanie et dans le Golfe.
Il a annoncé un investissement supplémentaire de 8,5 milliards d’euros pour les munitions entre 2026 et 2030, ainsi qu’une accélération de l’actualisation de la loi de programmation militaire.
Lecornu a également évoqué le renforcement des capacités en défense sol-air, drones et lutte anti-drones, ainsi que la création prochaine d’une plateforme « France Munitions » destinée à accroître la production.
- Adaptation de l’État face aux crises
Le Premier ministre a annoncé la mise en place d’un nouveau régime d’alerte de sécurité nationale visant à accélérer les décisions en cas de crise, tout en maintenant le cadre de l’État de droit.
Il a souligné que les crises actuelles sont « hybrides » et nécessitent une adaptation des structures de l’État aux nouvelles menaces.
Situation énergétique et impact économique
Sur le plan énergétique, Lecornu a affirmé qu’il n’existe « aucun risque de pénurie » en France, précisant que les approvisionnements sont sécurisés.
Il a toutefois évoqué une forte volatilité des prix liée aux tensions sur les routes maritimes, notamment dans le détroit d’Ormuz, appelant à éviter toute escalade affectant les infrastructures énergétiques.
Le gouvernement privilégie des mesures ciblées pour contenir l’impact sur les consommateurs, notamment le contrôle des marges et le soutien aux secteurs les plus exposés, rejetant les aides généralisées.
- Stratégie de souveraineté énergétique
Le chef du gouvernement a réaffirmé la stratégie française fondée sur le nucléaire et les énergies renouvelables, estimant que l’indépendance énergétique constitue un levier de souveraineté.
Il a également évoqué de futurs plans visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures, notamment dans les transports et l’industrie.
- Position diplomatique de la France
Lecornu a souligné que la France n’est pas partie au conflit et ne participera pas à des opérations militaires visant à rouvrir le détroit d’Ormuz par la force.
Il a néanmoins indiqué que Paris est prête à contribuer à la sécurisation des routes maritimes dans un cadre international, tout en appelant à une solution diplomatique.
- Protection des ressortissants
Le Premier ministre a indiqué que près de 400 000 ressortissants français se trouvent dans la région, précisant que des opérations de rapatriement sont en cours.
Le chef du gouvernement a appelé à tirer les leçons de la crise actuelle, estimant que le renforcement des capacités de défense et l’indépendance énergétique sont essentiels pour garantir la souveraineté nationale.