Sanaa Ou Amir Ahamada
11 Juillet 2026•Mise à jour: 11 Juillet 2026
AA / Istanbul / Sanaa Amir
Le tribunal administratif de Lyon a ordonné mercredi à la mairie de Vaulx-en-Velin, dans la métropole lyonnaise, de retirer le drapeau palestinien hissé sur le fronton de l'hôtel de ville, estimant que cette initiative porte une atteinte au principe de neutralité du service public. La décision intervient après un recours en urgence déposé par le préfet du Rhône, Étienne Guyot, contre la municipalité dirigée par La France insoumise (LFI).
Dans son ordonnance de référé, le juge administratif a suspendu la décision de la commune de maintenir le drapeau palestinien sur le bâtiment municipal et a assorti cette suspension d'une astreinte de 100 euros par jour de retard jusqu'à son retrait, dans l'attente d'un jugement sur le fond de l'affaire rapporte Le Figaro.
La municipalité avait justifié ce pavoisement par l'organisation du festival « Résonance Palestine », affirmant que le drapeau avait été hissé « pour seul objet de manifester la solidarité de la commune avec le peuple palestinien ».
Toutefois, selon les informations rapportées par Le Figaro, le juge a estimé que ce geste dépassait le cadre d'un simple soutien symbolique. Dans sa décision, il considère que les déclarations publiques du maire, Mohamed Lahmar, démontrent que le pavoisement constitue « une prise de position de nature politique au sujet d'un conflit en cours », un sujet « source de clivage important », et contrevient ainsi au principe de neutralité qui s'impose aux services publics.
Le juge s'est notamment appuyé sur plusieurs déclarations du maire, dans lesquelles celui-ci affirmait que « Gaza est livrée aux tourments déchaînés d'une puissance occupante », en référence à Israël, et que « le drapeau palestinien est l'étendard de la liberté pour tous les peuples jadis colonisés et opprimés », selon Le Figaro.
Malgré cette décision, le maire a indiqué qu'il n'était « pas question de décrocher le drapeau dans l'immédiat ». Il a précisé que le sujet serait discuté au sein de la majorité municipale ainsi qu'en conseil municipal, avant toute décision définitive toujours selon Le Figaro.
La commune envisage par ailleurs de former un recours devant le Conseil d'État. Selon le maire, cette affaire dépasse le seul cadre juridique et relève d'« un débat de société ». Il rappelle également que la France a reconnu l'État de Palestine le 22 septembre 2025 à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, rejoignant ainsi plusieurs autres pays.
Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large. Après la reconnaissance de l'État de Palestine par la France, près d'une centaine de municipalités dirigées par la gauche avaient hissé le drapeau palestinien sur leurs bâtiments publics.
À Lyon, une initiative similaire du maire écologiste avait déjà été suspendue par le juge des référés, qui avait également ordonné le retrait du drapeau.
L'affaire de Vaulx-en-Velin relance le débat sur les limites de l'expression politique des collectivités territoriales et sur l'application du principe de neutralité des services publics face aux conflits internationaux. Le jugement sur le fond, ainsi qu'un éventuel recours devant le Conseil d'État, pourraient contribuer à préciser la jurisprudence sur cette question sensible indique la même source.