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Espagne : des milliers de manifestants à Madrid contre la grâce aux leaders séparatistes catalans

- Le gouvernement espagnol de gauche vise à "normaliser la relation institutionnelle avec la Catalogne", a expliqué la vice-première ministre espagnole, Carmen Calvo

Ahmet Gürhan Kartal   | 13.06.2021
Espagne : des milliers de manifestants à Madrid contre la grâce aux leaders séparatistes catalans

Madrid

AA / Oviedo, Espagne / Alyssa McMurtry

Quelque 25 000 personnes sont descendues dans les rues de Madrid, dimanche, pour protester contre la décision imminente du gouvernement espagnol de gracier plusieurs leaders séparatistes catalans emprisonnés.

Le rouge et le jaune, les couleurs du drapeau espagnol, ont rempli la place centrale de Colon, où des personnalités politiques et intellectuelles de droite ont accusé le gouvernement de gauche de détruire l'intégrité territoriale de l'Espagne.

"Aujourd'hui, nous appelons le Premier ministre Sanchez à la cohérence, à la dignité et à la protection de l'unité nationale et de la Constitution qu'il a juré de défendre", a déclaré Pablo Casado, leader du Parti populaire, avant le rassemblement. "Nous lui demandons de ne pas vendre la souveraineté nationale de l'Espagne pour une poignée de voix".

"Les grâces sont une trahison pour tous les Catalans qui ont souffert du coup d'État séparatiste et pour tous les Espagnols qui respectent la constitution", a déclaré Santiago Abascal, leader du parti d'extrême droite Vox.

La vice-première ministre espagnole, Carmen Calvo, a déclaré au journal La Vanguardia, dimanche, que les grâces pourraient être accordées sous peu.

"La décision sera d'une grande importance politique", a-t-elle déclaré. "Nous voulons normaliser la relation institutionnelle avec la Catalogne, mettre fin à la confrontation provoquée par les séparatistes et les forces espagnoles de droite et stabiliser la situation."

Des grâces pourraient être accordées à 12 leaders séparatistes catalans, dont l'ancien vice-président de la Catalogne, Oriol Junqueras, qui a été condamné à 13 ans derrière les barreaux pour son rôle dans l'organisation d'un référendum d'indépendance illégal, puis dans la déclaration d'indépendance vis-à-vis de l'Espagne en 2017.

La Cour suprême espagnole a récemment rejeté leurs demandes de grâce, déclarant dans son jugement que les leaders ne montraient aucun signe de regret pour leurs actions.

En plein débat sur les grâces, Junqueras, qui est toujours le chef du groupe séparatiste de gauche ERC, a déclaré la semaine dernière qu'il était convaincu qu'il fallait abandonner la voie "unilatérale" vers l'indépendance.

Pour Junqueras, comme pour le gouvernement séparatiste catalan, le souhait est toujours de voir la riche région espagnole devenir une république indépendante. Mais il pense désormais que la seule façon d'y parvenir serait d'organiser un référendum d'indépendance légal, comme celui de l'Écosse en 2014.

Reste à savoir si le gouvernement espagnol de gauche irait jusqu'à réformer la constitution pour permettre un référendum légal sur l'indépendance de la Catalogne.

Selon un récent sondage réalisé par Sigma Dos, 61 % des Espagnols sont opposés au pardon des leaders indépendantistes catalans.


*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

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