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Encore une centaine de femmes et plus de 250 enfants français détenus en Syrie

- Selon le coordinateur du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, Laurent Nuñez

Fatma Bendhaou   | 06.07.2022
Encore une centaine de femmes et plus de 250 enfants français détenus en Syrie

France

AA/Nice/Feïza Ben Mohamed

Une centaine de femmes et pas moins de 250 enfants français se trouvent encore en Syrie, selon une information divulguée mercredi matin par le coordinateur du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, Laurent Nuñez à l’antenne de la radio RMC.

Cette prise de parole intervenait au lendemain de l’annonce, par la Quai d’Orsay, du rapatriement de 16 mères et 35 enfants jusqu’alors détenus dans des camps par des factions kurdes syriennes.

Avant cette dernière opération, il restait « 120 femmes et près de 290 enfants » sur place, d’après Laurent Nuñez. « Chaque fois que nous le pourrons, nous procéderons à des opérations de rapatriement pour motifs humanitaires et de plus en plus sécuritaires, ce qui a aussi été pris en compte lors de la dernière opération, car la zone est de plus en plus instable » a-t-il également fait savoir.

Le coordinateur de renseignement précise par ailleurs qu’il existe une menace persistante de Daech « qui se reconstitue dans le désert syrien et projette d'aller libérer ces femmes et enfants ».

« Pour la sécurité de nos concitoyens, peut-être qu'il est mieux de les avoir sous contrôle que de les voir dans une zone où elles peuvent s'égailler dans la nature » a-t-il enfin plaidé.

S’agissant des opérations de rapatriement, il assure que les « services de justice et de renseignement sont parfaitement rodés à ce type de prise en charge ».

Cette dernière annonce faite mardi par la diplomatie français marque une rupture avec le mode opératoire de la France qui consistait jusqu’à présent à évaluer les situations au cas par cas en rapatriant les enfants au compte-goutte et refusant de ramener les mères.

Le Président français Emmanuel Macron, avait promis à l’entre-deux-tours du scrutin présidentiel, que ces « opérations se feront » mais n’avait pas donné davantage de détails « pour ne pas politiser cette question et assurer une totale sécurité ».

Le 9 avril dernier, à la veille du premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron avait été interpellé par de nombreuses personnalités parmi lesquelles, Jacques Toubon, ancien défenseur des droits, dans une tribune publiée dans la Journal Le Monde.

Les signataires l’exhortaient à faire « le choix de la sécurité et de l’humanité » en les rapatriant.

« Monsieur le Président, vous le savez : ces enfants français sont innocents. Pourquoi refusez-vous de les libérer d’un interminable cauchemar ? Tous ou presque sont entrés dans ces camps avant l’âge de 6 ans et y survivent dans des conditions atroces », indique la tribune.

À noter que ces ressortissants français sont détenus dans des camps notamment à Roj et Al-Hol, par des factions kurdes syriennes.

Avant celle de mardi, la France avait déjà procédé à quatre opérations de rapatriement et évacué une poignée d’enfants dont les dossiers ont été évalués au cas par cas.

En mars et juin 2019, il a été procédé au rapatriement de 17 jeunes enfants dont la plupart sont orphelins ainsi qu’au rapatriement d’une petite fille souffrant d’une maladie cardiaque.

Plus tard, en juin 2020, une dizaine d’autres petits français avaient pu regagner l’Hexagone pour être pris en charge.

Et en janvier 2021, le Quai d’Orsay a ensuite rapatrié sept jeunes mineurs « particulièrement vulnérables » qui étaient retenus dans un camp du nord-est syrien.

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