Nadia Chahed
25 Décembre 2023•Mise à jour: 26 Décembre 2023
AA / Tunis / Nadia Chahed
Dimanche 24 décembre jour des élections locales en Tunisie, l’avenue Habib Bourguiba artère principale de la capitale Tunis vivait à son rythme ordinaire, les rares passants se hâtaient pour vaquer à leurs occupations.
Rien ne disait qu’ils sont allés voter, aucune trace d’encre sur leur index.
Un constat confirmé par les déclarations de nombre de passants interrogés par Anadolu.
Beaucoup disent, en effet, qu’ils « n’ont rien compris » de ces élections.
« Je n’ai pas connaissance des candidats ni des responsabilités qui incombent aux conseils qu’on doit élire », déclare Imen, étudiante.
Adel, un jeune qui dit travailler dans une usine déclare que les élections ne l’intéressent pas. Comme beaucoup de Tunisiens il pense plutôt aux soucis du quotidien, il évoque notamment les "petits salaires qui ne permettent point de vivre".
Interrogé sur les élections de ce dimanche, il répond qu'il n'a aucune idée sur la question. "Je ne veux même pas comprendre, ça ne m'intéresse pas", affirme-t-il.
Fatma serveuse dans un café-restaurant a pris le temps d'aller voter avant de venir travailler." J'étais la première au bureau où j'ai voté" déclare-t-elle fièrement.
Elle a voté parce qu’elle espère que les choses vont évoluer même si elle reconnait ne pas avoir une idée précise sur les conseils locaux.
La personne qu’elle a choisie est connu dans sa délégation, "un travailleur et on compte sur lui pour faire parvenir notre voix", déclare-t-elle.
Le bureau de vote de la rue de Marseille, soit le plus grand centre de la capitale, était quasiment vide dimanche à midi.
Devant la sortie il n'y avait que les journalistes et les militaires qui assurent la sécurité.
Dimanche, environ 9 millions de Tunisiens (sur 12 millions) étaient appelés aux urnes pour élire 2 155 conseillers locaux sur environ 7205 candidats.
A ces 2155 conseillers élus s'ajouteront 279 autres porteurs de handicap, tirés au sort sur un millier de candidats.
Les futurs élus issus de ce scrutin seront appelés à former le Conseil national des districts et des régions, deuxième chambre parlementaire créée par la Constitution de 2022.
Pour la deuxième étape, chaque conseil local (279) sera représenté par l’un de ses membres, pour un mandat de trois mois, au sein du Conseil régional.
La désignation du membre aura lieu par un tirage au sort pour garantir l’égalité des chances entre tous les conseillers locaux. Chaque gouvernorat, dont le nombre est 24, aura son conseil régional.
Une fois mis en place, les conseils régionaux (24) formeront le conseil des districts (5 districts) pour procéder à l’élection de leurs représentants au sein du Conseil national des régions et des districts, la deuxième chambre du Parlement.