Nadia Chahed
18 Janvier 2024•Mise à jour: 18 Janvier 2024
AA/Tunis/Nadia Chahed
Alors que les tensions montent aux Comores, où des manifestations ont lieu depuis l'élection présidentielle de dimanche, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a exhorté mercredi, les autorités à garantir la liberté d'expression et le droit de manifester pacifiquement, a indiqué le Haut Commissariat aux droits de l’homme ( HCDH) dans un communiqué.
Plusieurs sources ont rapporté que des centaines de manifestants, principalement des jeunes, ont défilé mardi matin dans les rues de la capitale Moroni. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules, précise le HCDH.
Un couvre-feu nocturne a été instauré mercredi sur l’archipel, après des heurts entre protestataires et forces de l’ordre dans la capitale, au lendemain de l’annonce de la victoire au premier tour du sortant et ancien putschiste Azali Assoumani à la présidentielle, émaillée de « fraudes », selon l’opposition, a rapporté le site 20 minutes.
« Alors que les tensions post-électorales montent, il est absolument nécessaire que les autorités garantissent un climat sûr, où tous les Comoriens et Comoriennes, y compris les membres de l'opposition, puissent exprimer librement leurs opinions et exercer leur droit à manifester pacifiquement », a déclaré Türk cité dans le communiqué.
Il a également appelé les manifestants à éviter le recours à la violence. Son appel intervient après que des pillages aient été signalés à Moroni mardi, et que des bâtiments publics aient été incendiés, précise le HCDH dans le communiqué.
L'élection présidentielle de dimanche a eu lieu à la suite d’un rétrécissement de l'espace civique et démocratique pendant des semaines, avec des rapports faisant état de détentions arbitraires, de disparitions forcées présumées de détenus et d'une interdiction de facto des manifestations pacifiques et des rassemblements politiques publics depuis 2019, souligne encore le HCDH.