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Attentats de Paris / Procès : Salah Abdeslam justifie les attaques par l’intervention française contre Daech

- Il a accuse François Hollande de savoir d'avance que l'opération contre Daech comportait des risques et que des Français allaient mourir.

Lassaad Ben Ahmed   | 15.09.2021
Attentats de Paris / Procès : Salah Abdeslam justifie les attaques par l’intervention française contre Daech

France

AA / Nice / Feïza Ben Mohamed

Le seul survivant des commandos terroristes des attentats du 13 novembre 2015, Salah Abdeslam, a justifié les attaques de Paris par l’intervention française menée contre Daech en Syrie et en Irak.

Cette déclaration intervenait mercredi, alors que le procès des attentats est ouvert depuis une semaine devant la Cour d’Assises spécialement composée, à Paris.

« On a combattu la France, on a visé la population, des civils mais on n'a rien de personnel à leur égard », a expliqué Salah Abdeslam face à la Cour.

Il estime que « quand François Hollande a pris la décision d'attaquer » Daech, « il savait que sa décision comportait des risques » et « que des Français allaient trouver la mort ».

« Je sais que certains de mes propos peuvent choquer. Le but n’est pas de blesser les gens, d’enfoncer le couteau dans la plaie mais d’être sincère. Je pense que le minimum qu’on peut leur donner, c’est de leur dire la vérité », a poursuivi le Franco-marocain de 32 ans.

Salah Abdeslam explique, par ailleurs, les attaques par le fait « que les avions Français qui bombardent l’Etat islamique ne font pas de distinctions entre les hommes, les femmes, les enfants » et « détruisent tout sur leur passage ».

« On a voulu que la France subisse la même douleur que nous subissons », a-t-il enfin reconnu.

À noter que Salah Abdeslam comparaît aux côtés de treize autres individus, tous soupçonnés d’avoir apporté une aide logistique ou d’avoir contribué à l’élaboration de cet attentat depuis la Belgique ou la Syrie.

La plupart des membres de cette cellule terroriste a également joué un rôle dans l’organisation du double attentat de Bruxelles, qui a fait trente-deux morts au cœur de l’aéroport de la capitale belge et dans une rame de métro en mars 2016.

Six accusés, seront en revanche absents, dont cinq supposés morts en zone de guerre.

À la barre, de nombreuses figures seront appelées à témoigner au cours de ce procès historique, à l’image de l’ancien président de la République François Hollande, de son ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, ou encore François Molins qui était procureur de Paris au moment des faits.

Pour rappel, ce soir du 13 novembre 2015, il est aux alentours de 21 heures 20, lorsque trois kamikazes se font exploser à quelques minutes d’intervalle aux abords du Stade de France pendant la rencontre France-Allemagne à laquelle assistait François Hollande.

Une première victime est tuée dans la déflagration mais le lieu est bondé et les trois terroristes, qui ont tenté d’entrer dans le stade sans y parvenir, auraient pu faire des centaines d’autres morts s’ils y étaient parvenus.

Quasiment au même moment, un second commando entre en action dès 21 heures 24 au cœur de la capitale parisienne.

Jusqu’à 21 heures 41, trois terroristes tirent à vue sur les terrasses de cinq cafés des Xème et XIème arrondissements, faisant 39 morts.

L’horreur se poursuit à 21 heures 40 au Bataclan, au moment où un troisième commando, composé de trois terroristes, entre dans l’emblématique salle de concert.

Ils tuent 90 personnes, avant que l’assaut ne soit donné à 00 heures 18 sur autorisation du préfet de police de Paris.

Selon le calendrier actuel, le délibéré de ce procès hors-norme doit être connu le 25 mai 2022.

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