Monde

Ambassadeur d'Azerbaïdjan en France : Le Gouvernement arménien commet délibérément des crimes de guerre

Lors d'une conférence de presse tenue mardi, Rahman Mustafayev a dénoncé l'hypocrisie de l'exécutif arménien qui "cherche à élargir le conflit en bombardant les civils" et en tentant d'impliquer d'autres acteurs internationaux dans la guerre.

Ümit Dönmez   | 21.10.2020
Ambassadeur d'Azerbaïdjan en France : Le Gouvernement arménien commet délibérément des crimes de guerre

France

AA - Paris - Ümit Dönmez

L'Ambassadeur d'Azerbaïdjan à Paris a fustigé, mardi, la cruauté du gouvernement arménien qu'il a accusé de "commettre délibérément des crimes de guerre" et des crimes contre l'humanité, notamment en bombardant les civils.

Citant, au cours d'une conférence de presse, les attaques récentes menées contre plusieurs villes azerbaïdjanaises, ayant tué plusieurs dizaines de civils, Rahman Mustafayev a tenu le Premier ministre arménien Nikol Pachinian pour responsable de ces crimes. 

- Des bombardements arméniens ayant délibérément visé les civils

Les attaques arméniennes menées contre les zones résidentielles des villes azerbaïdjanaises qui se trouvent à une distance de 60 à 100 kilomètres des théâtres d'opérations [militaires], constituent des crimes de guerre, a estimé le diplomate azerbaïdjanais soulignant que "Pour tirer ce type de missiles, la décision politique doit être prise à un très haut niveau".

En référence au Premier ministre arménien, l'ambassadeur a affirmé que "cette personne comprend totalement que les zones bombardées par ces missiles [9K72, SCUD, interdits d'utilisation] sont des zones résidentielles, peuplées de civils", le diplomate rappelant que ces villes telles que Ganja, sont totalement excentrées des zones de combats faisant rage autour du Haut-Karabagh.

Le diplomate a également rappelé que les 9K72 pouvant frapper à des cibles à plus 300 kilomètres de distance, sont des missiles de fabrication soviétique, étant notamment utilisés de façon similaire par le Régime syrien de Bachar al-Assad dans les bombardements menés contre la population civile syrienne.

Affirmant que "Le côté arménien n'accepte pas les pertes et défaites" récentes, et essaie en conséquence "d'élargir la géographie du conflit" par ce type d'attaques criminelles, Mustafayev a également accusé Erevan de vouloir impliquer les puissances régionales dans les hostilités prenant place sur les territoires azerbaïdjanais occupés par l'Arménie.

- Le cessez-le feu n'a duré que 34 minutes

Dénonçant les bombardements récents des forces arméniennes, menés contre les civils vivant dans les villes azerbaïdjanaises, le diplomate a déploré la mort de 63 civils parmi ses compatriotes notamment dans les attaques menées les 10 et 17 octobre dernier contre Ganja, la deuxième plus grande ville du pays.

Mustafayev a également fait état d'au moins 263 civils blessés au cours de ces impitoyables attaques menées par Erevan.

L'ambassadeur azerbaïdjanais a condamné l'hypocrisie du gouvernement arménien qui a violé le cessez-le-feu humanitaire ayant "duré 34 minutes" malgré les engagements pris par le ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanyan lors des pourparlers diplomatiques conclus avec son homologue azerbaïdjanais, Jeyhun Bayramov, le 9 octobre dernier à Moscou, la capitale russe.

- L'hypocrisie de l'exécutif arménien démontrée par la construction d'infrastructures


Rahman Mustafayev a également déploré l'absence de sincérité de la part du gouvernement arménien, le diplomate azerbaïdjanais citant la construction de certaines infrastructures dans les territoires azerbaïdjanais occupés les forces armées arméniennes qui témoignent de la volonté de rattacher ces régions à Erevan malgré la rhétorique du gouvernement arménien affirmant vouloir parvenir à la paix dans le respect du droit international.

L'ambassadeur azerbaïdjanais a notamment fait état d'une autoroute en construction entre la région de Jabrayil, une ville azerbaïdjanaise stratégiquement importante qui a été récemment libérée, et la République d'Arménie, Cette autoroute avait été récemment découverte par les Forces armées azerbaïdjanaises ayant récupéré certains territoires occupés depuis trois décennies par Erevan, malgré quatre résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies ainsi que deux résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies appelant à la fin immédiate de l'occupation arménienne de ces territoires officiellement reconnus comme étant azerbaïdjanais.

Mustafayev a dénoncé une infrastructure de transport (incluant également des tunnels souterrains) et de communication qui "se construit autour et en lien avec l'Arménie", en contradiction directe avec les engagements pris par Erevan, dans le cadre des pourparlers diplomatiques entrepris entre les deux nations depuis trois décennies, notamment sous les auspices du Groupe de Minsk de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), visant à établir une paix durable entre les deux voisins historiques.

L'ambassadeur azerbaïdjanais a souligné que la voie diplomatique, notamment à travers le « Groupe de Minsk » était la seule voie possible pour établir la paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

- La détermination de l'Azerbaïdjan à favoriser la dignité humaine

Au cours de la conférence de presse, l'ambassadeur d'Azerbaïdjan a souligné la volonté de son pays faire prévaloir le respect de la dignité humaine "en toutes circonstances" et "sans attente de réciprocité" de la part de l'Arménie.

Déclarant avoir proposé d'effectuer des échanges, notamment des corps des soldats défunts ainsi que des prisonniers de guerre, sous l'égide de la Croix-Rouge, Rahman Mustafayev a réitéré la détermination de l'Azerbaïdjan à "faire ce geste de façon unilatérale, sans attente de réciprocité".

Précisant que Bakou a "ouvert un corridor dans la région de Tovouz pour permettre cet échange", le diplomate a fait état d'une absence, dans l'état actuel, de réciprocité de la part de l'Arménie, déclarant que "nous attendons toujours les réactions de la capitale arménienne".

- Afflux de volontaires et mercenaires arméniens de France et de terroristes du PKK/YPG

Répondant à la question du journaliste de l'Agence Anadolu (AA) et citant des noms de médias français tels que la chaîne publique d'information « France 24 » ainsi que le quotidien « Libération », l'ambassadeur d'Azerbaïdjan a confirmé la présence sur le front de guerre, de nombreux "combattants français d'origine arménienne", le diplomate estimant que cet afflux de combattants franco-arméniens est "évident" et "ouvertement" relayé par les médias français.

Évoquant les déclarations du Président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, lors d'un récent entretien avec la chaîne publique d'information France 24, Rahman Mustafayev a tenu à souligner l'importance de la relation amicale tissée avec la France, ainsi que de "l'attitude équilibrée et neutre" récemment soulignée par le Gouvernement français.

L'ambassadeur a souligné que l'Azerbaïdjan demeure "l'homologue numéro 1" de la France dans le Caucase du Sud, et que la France reste également l'un des partenaires principaux de l'Azerbaïdjan.

Mustafayev a également fait état de nombreuses preuves détenues par l'Azerbaïdjan, notamment d'images démontrant la présence des terroristes du PKK/YPG combattant aux côtés des forces arméniennes sur les fronts du Haut-Karabagh et des autres régions azerbaïdjanaises occupées par l'Arménie.

Le PKK est répertorié en tant qu'organisation terroriste par de nombreux pays dont les États-Unis, l'Union Européenne, la Turquie et l'Azerbaïdjan. Au cours de sa campagne terroriste de plusieurs décennies contre la Turquie, le PKK a tué plus de 40 000 personnes sur le seul territoire turc, dont 7 000 civils. Les YPG constituent la branche syrienne du groupe armé terroriste.

- La guerre opposant l'Arménie à l'Azerbaïdjan

Les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sont conflictuelles depuis 1991, lorsque l'armée arménienne a envahi puis illégalement occupé le Haut-Karabakh, un territoire internationalement reconnu comme étant azerbaïdjanais, ainsi que sept autres régions azerbaïdjanaises, constituant au total un quart de la superficie du pays.

Quatre résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et deux autres de l'Assemblée générale des Nations unies, condamnent l'occupation illégale des territoires azerbaïdjanais par les forces arméniennes, exigeant depuis trois décennies leur retrait immédiat et inconditionnel, dans le respect du droit international et de la souveraineté azerbaïdjanaise sur ces territoires.

Les affrontements intermittents entre les deux pays du Caucase ont repris le 27 septembre, lorsque les forces arméniennes ont bombardé des positions civiles azerbaïdjanaises ainsi que des emplacements militaires, faisant de nombreuses victimes, notamment parmi les civils.

Les récentes violations par les Arméniens des cessez-le-feu établis entre les deux nations ont coûté la vie à plusieurs dizaines de civils et soldats azerbaïdjanais.

Le conflit entre les deux ex-républiques soviétiques a tué plus de 25 000 personnes, et créé plus d'un millions de réfugiés, particulièrement des Azerbaïdjanais déplacés de force des régions occupées par les forces arméniennes ayant commis de nombreux crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, tels que celui commis dans la petite ville de Khojaly, le 26 février 1992, lorsque 613 civils azéris, dont 106 femmes et 83 enfants, ont été massacrés.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın