Hafawa Rebhi
22 Novembre 2017•Mise à jour: 22 Novembre 2017
AA / Ahmed El Masri
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, a déclaré que son pays «apporterait son soutien à l'opposition syrienne afin qu’elle sorte unifiée de la conférence de Riyad».
Ce soutien saoudien aux opposants syriens a été relayé par à la chaîne d'information officielle saoudienne « Al-Ikhbariyah », quelques heures après le début de la deuxième réunion élargie de l'opposition syrienne, à Riyad, en présence de 150 personnalités syriennes.
Al-Jubeir n'a pas précisé la nature du soutien de son pays à l'opposition.
Le chef de la diplomatie saoudienne et l'envoyé des Nations Unies pour la Syrie Staffan de Mistura ont participé à la séance d'ouverture de la réunion.
Cette réunion de deux jours de l'opposition syrienne a pour but d'unifier ses positions, en vue de proposer une vision commune et de former une délégation unifiée pour négocier avec le Régime lors de la conférence de Genève 8 prévue pour le 28 novembre.
Au début de la réunion, Al-Jubeir a souligné que la rencontre «ouvrirait de nouvelles perspectives pour la solution en Syrie ».
La réunion s'inscrit, selon le chef de la diplomatie saoudienne, «dans le contexte d'un consensus international sur la nécessité d'une solution politique à la crise syrienne, qui, à sa septième année, se trouve à un stade délicat».
Selon Riyad, «il n'y a pas de solution à cette crise sans consensus syrien, un consensus qui répond aux aspirations du peuple et met fin à ses souffrances, sur la base de la Déclaration de Genève 1 et de la résolution 2254 du Conseil de sécurité ».
La Déclaration Genève 1 avait énoncé, en juin 2012, les principes de la transition en Syrie, en recommandant la mise en place d'un organe de gouvernement transitionnel dont la mission est de créer un environnement propice à la transition et d’ouvrir la voie à une nouvelle constitution en Syrie.
«Vous avez la responsabilité historique de mettre fin à la crise qui a accablé le peuple, de trouver une solution et de passer à un nouvel avenir », s’est ainsi adressé Al-Jubeir aux représentants de l’opposition syrienne, leur rappelant du «soutien immuable du Royaume à une sortie de crise qui soit juste et qui réponde aux aspirations du peuple syrien ».
Staffan de Mistura perçoit, pour sa part, la réunion de Riyad comme « un moyen important d'aider et de contribuer aux négociations de l'Organisation des Nations Unies à Genève sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité ».
«Dans quelques jours, nous commencerons à Genève la mise en place d’un cadre pour le processus politique », a-t-il dit.« Pour cela, j'ai besoin d'une forte délégation syrienne qui se tient comme un seul homme ».
Une nouvelle constitution, un nouveau gouvernement qui soit intégral et égalitaire, le dossier des syriens enlevés et la livraison de l’assistance humanitaire aux zones assiégés seront examinés selon l’envoyé onusien pour la Syrie.
Tout en appelant les participants à choisir « une équipe complète qui comprend toutes les parties et qui inclut une représentation significative des femmes qui représentent 50% du peuple syrien », de Mistura a estimé que c’était à travers ce groupe qu’une solution pacifique serait atteinte depuis Genève.
Mardi prochain, soit environ cinq mois après la conférence Genève 7 sur la Syrie, se tiendra en Suisse la conférence Genève 8, annoncée en octobre dernier par de Mistura.
L'Arabie saoudite avait déjà accueilli, en décembre 2015, une première réunion de l'opposition syrienne. La réunion avait alors duré plusieurs jours et s’était inscrit dans le cadre des recommandations de la conférence de Vienne sur la Syrie du 30 octobre 2015 laquelle avait connu la participation de 17 pays, dont les États-Unis, la Russie, l'Iran et l'Arabie saoudite.