Politique, Journal de l'Islamophobie

La France voudrait-elle imposer ses politiques liberticides à toute l’Europe ?

- La polémique autour de la campagne d'une antenne du Conseil de l'Europe met en évidence une volonté du gouvernement français d'exporter sa politique au niveau des institutions européennes.

Ekip   | 04.11.2021
La France voudrait-elle imposer ses politiques liberticides à toute l’Europe ?

Ankara

AA / Paris / Fatih KARAKAYA

Malgré la suppression, à la demande de la France, d’une campagne de lutte contre les discours de haine anti-musulmans lancée par l’antenne du Conseil de l'Europe contre les discriminations, la polémique ne cesse de prendre l’ampleur.

En effet, dans cette campagne diffusée sur le site et les réseaux sociaux de l’antenne du Conseil de l'Europe contre les discriminations, des images de femmes portant un voile sont partagées avec les slogans suivants : "La liberté est dans le voile", "Apportez la joie et acceptez les hijabs" et "La beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab".

Aussitôt, des responsables politiques français, aussi bien à gauche qu’à droite, ont vivement critiqué cette campagne.

S'exprimant sur LCI TV, Sarah El Hairy, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chargée de la jeunesse et de l'engagement, a déclaré que la campagne du Programme "Droits, Égalité et Citoyenneté" du Conseil de l'Europe l'avait choquée.

"Cette campagne est absolument à l’opposé de nos valeurs", a affirmé El Hairy.

Et d’ajouter : "La France défend la liberté de conviction, mais ce que l’on voit dans cette vidéo c’est le fait de prôner le port du voile, ce qui est condamnable (....) Nous avons fait part de notre désapprobation, d’où le retrait de cette campagne dès aujourd’hui."

Marine Le Pen, Eric Ciotti, Manuel Valls, Valérie Pécresse, Eric Zemmour et d’autres politiques connus pour leurs positions hostiles à l’islam, notamment aux femmes voilées, ont également réagi en affirmant qu’il s’agit "de la promotion du voile".

  • Un forcing de la France ?

Mais ce qui choque les musulmans, c’est surtout le fait que la France tente désormais d’imposer sa perception de "la laïcité" et ses "valeurs républicaines" aux institutions internationales.

En effet, en marge d’une audition au Sénat, mercredi, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education, a condamné la vidéo en faveur des femmes musulmanes portant le voile. Dans cette intervention, il voit une forme d’entrisme de la part "de structures qui ne vont pas dans le sens des valeurs de la République".

Ce discours du ministre français laisse-t-il entendre que Paris va faire pression auprès des institutions internationales et européennes, notamment du Conseil de l’Europe, pour remettre en cause la participation de certaines associations, institutions et Organisations Non Gouvernementales (ONG) à leurs travaux ?

La France veut-elle imposer sa politique basée sur "l’interdiction et la dissolution" d’associations qui défendent les droits et intérêts des Musulmans en France et en Europe, ou qui luttent contre l’islamophobie ?

En voulant imposer à toute l’Europe une vision liberticide, ciblant la communauté musulmane, la France se veut-elle porte-parole de l’extrême droite européenne ?

Comment ne pas faire allusion à l’éventuelle candidature à la présidentielle d’Eric Zemmour, le polémiste qui veut interdire "les prénoms musulmans afin d’assimiler les étrangers" ?

D’après les médias, le futur probable candidat, qui se plaint d’une censure, a été cité dans plus de 14 milles articles depuis septembre.

Des dizaines d’internautes ont ainsi fait le parallèle entre les idées d’Eric Zemmour et le gouvernement français. "Ça révèle surtout la pensée nauséabonde car néofasciste du sinistre de l'éducation nationale qui passe son temps à faite la promotion des idées de Zem... ", écrit par exemple un certain "Pedossignol" en commentant la vidéo de Blanquer.

Dans ce contexte, les organisations internationales s’inquiètent de la montée en puissance des idées d’extrêmes droite en France. Mais force est de constater que la France souhaite imposer désormais ces idées à toute l’Europe tout en critiquant, ironiquement, la politique de la Hongrie ou de la Pologne qui prendrait "un virage à droite".

Quand on sait qu’actuellement la France, qui a dissous en quatre ans plus d’associations que sous toute la Vème République, soit le seul pays à contester une telle campagne, n’augure rien de bon.

Si l’Europe cède aux menaces de la France c’est tout un symbole qui va sauter avec. Derrière les mots "séparatisme", "islamisme", "terrorisme" ce sont toutes les valeurs de l’Europe qui risquent de disparaître.

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