Sanaa Ou Amir Ahamada
31 Juillet 2026•Mise à jour: 31 Juillet 2026
Près de 200.000 habitants évacués en raison du mégafeu qui ravage la Gironde ont pu regagner leur domicile, tandis que les autorités françaises ont indiqué vendredi que l'incendie, bien qu'en nette régression, n'était pas encore fixé.
« Le feu n'est pas fixé mais on progresse », a déclaré la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, lors d'un point de presse relayé par BFMTV. Elle a souligné que « l'amélioration se confirme », tout en avertissant que la crise était loin d'être terminée.
Selon la représentante de l'État, la superficie parcourue par les flammes demeure stable à 42.000 hectares, ce qui témoigne d'une stabilisation de l'incendie. Sur les 220.000 personnes évacuées depuis le début de la catastrophe, 198.000 ont désormais été autorisées à rentrer chez elles, dans une vingtaine de communes du département.
La préfète a toutefois précisé que plusieurs foyers résiduels restaient actifs. « Il reste quelques points chauds, des points chauds diffus principalement sur deux zones », a-t-elle expliqué, citant le littoral de la commune du Porge ainsi que le secteur situé au sud de Lacanau.
Elle a ajouté que les autorités envisageaient également le retour des habitants de la commune d'Arès dès samedi, si les conditions de sécurité continuaient de s'améliorer.
En revanche, quatre communes demeurent entièrement évacuées : Saumos, où le mégafeu s'est déclaré, Le Temple, Le Porge et Lège-Cap-Ferret. Les autorités ont indiqué que les retours dans ces localités seraient autorisés progressivement, uniquement lorsque les services de secours jugeront la situation suffisamment sûre.
« On va faire un point, jour après jour, avec les services de secours et d'incendie. On va progresser pour permettre à ces quatre communes de retrouver leurs habitants, mais il faut qu'on s'assure d'abord qu'ils rentrent en sécurité », a affirmé Sophie Brocas.
Le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 33), Marc Vermeulen, a souligné que la nature exceptionnelle du sinistre imposait une grande prudence avant de déclarer le feu « fixé ».
Selon lui, l'incendie est de type convectif et a généré des pyrocumulonimbus, également appelés « orages de feu », des phénomènes météorologiques susceptibles d'alimenter eux-mêmes la propagation des flammes.
« Nous avons 240 kilomètres de lisières à traiter. C'est la raison pour laquelle nous sommes très prudents sur le fait de passer le feu fixé. Chaque heure qui passe nous en rapproche », a-t-il expliqué.
Le responsable des secours a également rappelé que la qualification de « feu fixé » ne signifiait pas l'extinction complète de l'incendie.
« Lorsque nous passerons le feu fixé, cela ne veut pas dire qu'il est éteint. Cela veut dire qu'il ne progressera plus, mais que nous pouvons encore avoir de l'activité à l'intérieur », a-t-il précisé.
Les opérations de surveillance, de sécurisation et de traitement des lisières se poursuivent, tandis que les autorités maintiennent un dispositif important afin d'éviter toute reprise de feu et de permettre le retour progressif des derniers habitants évacués.