Ben Amed Azize Zougmore
21 Juillet 2026•Mise à jour: 21 Juillet 2026
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a appelé mardi à ne pas « instrumentaliser à des fins politiciennes » le projet de loi d’urgence agricole, adopté la veille par l’Assemblée nationale et vivement contesté jusque dans le camp présidentiel en raison des dérogations prévues pour certains pesticides.
« On ne peut pas dire au Salon de l’agriculture en février que nous aimons nos agriculteurs, et en juillet instrumentaliser à des fins politiciennes une loi utile pour notre souveraineté alimentaire », a-t-il déclaré sur la plateforme américaine X.
Quelques heures auparavant, l’ancienne ministre de la Transition écologique et députée du groupe Ensemble pour la République (EPR), Agnès Pannier-Runacher, avait dénoncé sur franceinfo « un passage en force du gouvernement sur la réintroduction des néonicotinoïdes ».
Le texte donne à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) la possibilité d’autoriser, à titre dérogatoire et sous certaines conditions, l’utilisation de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne.
Sébastien Lecornu a néanmoins assuré que le compromis trouvé entre les députés et les sénateurs ne revenait pas sur l’interdiction de l’acétamipride.
Selon lui, le dispositif « remet la science au cœur de la décision » en permettant à l’Anses d’accorder des dérogations après un examen au cas par cas fondé sur des données scientifiques. Ces autorisations concerneraient uniquement la culture des noisettes et seraient limitées dans le temps.
Le Premier ministre a également souligné que le texte comportait plus de 70 mesures attendues par le secteur agricole, notamment des contrats d’avenir, une protection contre la concurrence déloyale des produits importés, la préférence accordée aux produits français et européens dans la restauration collective, ainsi que des dispositions facilitant les projets de stockage d’eau et la protection des terres agricoles.
« L’essentiel de la loi ne peut pas être résumé par ce seul article », a insisté Lecornu, affirmant que produire davantage en France permettrait de protéger les agriculteurs, de renforcer la souveraineté alimentaire et de préserver le pouvoir d’achat des Français.
Le projet de loi, adopté par l’Assemblée nationale par 296 voix contre 224, doit désormais être soumis ce mardi au Sénat en vue de son adoption définitive.