Sanaa Ou Amir Ahamada
24 Juillet 2026•Mise à jour: 24 Juillet 2026
AA / Istanbul / Sanaa Amir
Les déclarations d'Aurore Bergé, ministre française déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, affirmant qu'« il n'y a pas un Français juif qui est responsable de la situation à Gaza », a suscité de nombreuses réactions, plusieurs associations rappelant que des plaintes ont été déposées en France contre des ressortissants franco-israéliens soupçonnés de crimes internationaux commis dans la bande de Gaza.
Ces propos ont été relayés dans une vidéo publiée par le média Le Crayon, dans laquelle la ministre réagit notamment à l'interruption d'un concert de la DJ Barbara Butch par des manifestants pro-palestiniens. « Il n'y a pas un Français juif qui est responsable de la situation à Gaza », y déclare Aurore Bergé, dénonçant les amalgames visant les citoyens français de confession juive.
À la suite de cette déclaration, plusieurs organisations de défense des droits humains ont rappelé que des procédures judiciaires distinctes visent des individus de nationalité franco-israélienne, sans lien avec les citoyens français de confession juive dans leur ensemble.
Selon des estimations citées par ces associations, plus de 6 400 Franco-Israéliens serviraient au sein de l'armée israélienne. Elles estiment que certains d'entre eux pourraient être impliqués dans des violations du droit international commises dans la bande de Gaza.
En avril 2024, quatre associations ont déposé une plainte en France après la diffusion d'une vidéo montrant des Palestiniens maltraités par des soldats israéliens, parmi lesquels figurait, selon les plaignants, un Franco-Israélien.
En décembre 2024, plusieurs ONG ont saisi la justice française contre un soldat franco-israélien, l'accusant de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, de génocide et d'actes de torture qui auraient été commis à Gaza.
En juillet 2025, une nouvelle plainte a été déposée contre deux autres soldats franco-israéliens pour des accusations similaires.
Par ailleurs, David Selam, présenté comme un réserviste franco-israélien, a affirmé dans un témoignage public avoir été témoin de violences commises par des soldats israéliens durant son service militaire, déclarant que certains « tuaient par pur plaisir et désir de violence ».
Les associations citent également le cas de Nili Kupfer-Naouri, présidente de l'organisation Israel Is Forever et de nationalité franco-israélienne. Selon les plaignants, elle s'est rendue en février 2024 à la frontière de Gaza afin de participer à des actions visant à empêcher l'entrée de camions transportant de l'aide alimentaire vers l'enclave palestinienne. Des procédures judiciaires ont également été engagées à son encontre, selon ces organisations.
À ce stade, les plaintes déposées donnent lieu à des procédures judiciaires dont l'issue reste à déterminer et ne préjugent pas de la culpabilité des personnes mises en cause.