AA/Bangui/Centrafrique.Nacer Talel
L’Aïd n’est pas arrivé à mettre du baume sur les blessures indélébiles causées par les violences qu’ont subi les musulmans de Bangui.
" L'année dernière, les rues de Bangui étaient pleines d'activité - on exposait tous genres de marchandises, des jouets pour enfants, des vêtements neufs. Toute la nuit les gens veillaient pour vendre leur marchandises .Cette année c'est le désert " .C’est ainsi que Mamadou Gary - jeune musulman de km5 qui a échappé plusieurs fois à la mort décrit l’ambiance de l’Aïd hier à Bangui, au principal quartier musulman de KM5.
Les évènements tragiques qu’ont vécu les musulmans de ce quartier depuis une année semblent leur avoir ôté l’envie de faire la fête .La nuit de Aïd au km5 a été inhabituellement calme. Les seuls signes de festivités se limitaient aux félicitations mutuelles et à des vœux timides de « bonnes fêtes » après la dernière prière.
Quelques couturiers ont resté ouverts tard la nuit à attendre des clients qui ne se bousculaient pas. D’autres jeunes sont partis se coiffer. Des gens se sont réunis dans la mosquée pour prier et chanter des chants soufis
Quelques femmes se sont tout de même regroupées pour préparer des gâteaux dans des anciennes casseroles. « Ce qui les Anti-balaka nous ont fait subir est inoubliable. Dieu soit loué ce ramadan est passé relativement calme “, se console Fatimatu , l’une d’elles.
Pourtant le mois du Ramadan a été particulièrement porteur d’une grande lieur d’espoir au pays .Des médiations conduites sous l’égide d’organisations non gouvernementales ont débouchés au début du mois saint sur des poignées historiques entre des leaders des milices Seleka et Anti-balaka .Le récent accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville par tous les acteurs de la crise en Centrafrique est venu une semaine avant l’Aïd couronner tous ces bons offices.