Majdi Ismail
17 Novembre 2020•Mise à jour: 17 Novembre 2020
AA/New York
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres a exprimé, lundi, sa profonde inquiétude de l’escalade du conflit dans la province éthiopienne du Tigré, exigeant de donner la priorité aux droits de l’homme, à l’acheminement de l’aide et à la protection de civils.
C’est ce qui ressort de la conférence de presse tenue par le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, au siège permanent de l’ONU à NewYork.
« Le Secrétaire général de l’ONU suit avec une profonde inquiétude la situation au Tigré et ses répercussions sur les civils, tout en mettant en garde contre les conséquences de l’instabilité dans la région de la Corne de l’Afrique », a affirmé Dujarric.
Le porte-parole a fait savoir qu’António Guterres a effectué durant le weekend dernier plusieurs entretiens téléphoniques au sujet de la situation dans la province du Tigré.
Dujarric n’a pas donné de précisions sur les parties avec lesquelles s’est entretenu Guterres. Il a cependant indiqué que « le plus important pour le Secrétaire général de l’ONU est d’accorder la priorité aux droits de l’homme, à l’arrivée des aides humanitaires et à la protection des civils ».
Et d’ajouter « qu’il est très important pour le moment que les parties prennent des mesures pour empêcher l’escalade ».
« Nos amis qui travaillent dans le domaine humanitaire nous ont informés qu’ils étaient inquiets de l’escalade du conflit. Il y a des rapports qui font état de tirs de roquettes dans la région d’Amhara, et en Érythrée, une frappe aérienne a également eu lieu près de Mekele, la principale ville du Tigré », a fait savoir le porte-parole.
« Il y a des opérations de déplacements internes massifs de l’Ouest vers le nord du Tigré, et plus de 25 000 Éthiopiens ont franchi jusqu’à présent la frontière vers le Soudan », a-t-il relevé.
La même source a mis en garde contre la montée de l’insécurité dans la province d’Oromia au sud-ouest et dans la région de Benishangul-Gumuz à l’ouest de l’Éthiopie.
« Toutes les parties doivent s’engager à protéger les civils, à respecter le droit international humanitaire et l’acheminement des aides humanitaires. Il est également question de rétablir les communications et les fournitures de base, y compris la nourriture, les médicaments et le carburant, pour les civils dans la région du Tigré », a-t-il préconisé
Le 4 novembre, des affrontements armés ont éclaté entre l'armée éthiopienne et le « Front de libération du peuple du Tigré » dans la région.
Le Front de libération a dominé la vie politique en Éthiopie durant près de 3 décennies, avant l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018, devenant ainsi le premier chef du gouvernement du pays issu de l'ethnie « Oromo ».
Les « Oromos » sont la plus grande ethnie en Éthiopie avec 34,9% de la population, soit environ 108 millions de personnes. Les Tigréens de leur côté, sont la troisième plus grande ethnie et représentent 7,3 % de la population totale du pays.
*Traduit de l'arabe par Majdi Ismail