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Tunisie: les soldats stationnés autour du Parlement empêchent Ghannouchi d'accéder à l'hémicycle

- Président du Parlement Rached Ghannouchi : "Le peuple tunisien n'acceptera pas un retour à la tyrannie

1 23   | 26.07.2021
Tunisie: les soldats stationnés autour du Parlement empêchent Ghannouchi d'accéder à l'hémicycle

Tunisia



Tunis (AA) -


Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et président du Mouvement Ennahda, Ghannouchi, s'est rendu à l’ARP dans la nuit, après l’annonce dimanche soir du président Kaïs Saïed de sa décision de geler les pouvoirs de l'Assemblée et de suspendre l'immunité des députés.


Ghannouchi, qui s'est présenté à l'Assemblée accompagné d'un groupe de députés, a demandé aux soldats stationnés de les laisser entrer. Cependant, les soldats ont informé Ghannouchi et les députés qui les accompagnaient qu'ils ne pouvaient pas les autoriser à entrer en raison des instructions qu'ils avaient reçues de la Présidence tunisienne.


Ghannouchi, qui a eu un bref échange avec les soldats sur place, a condamné l’obstruction dont ils faisaient l’objet et a appelé tous les députés à assumer leurs responsabilités et à user de leurs pouvoirs.


Affirmant que le peuple tunisien a été attaqué par une privation de liberté, Ghannouchi a précisé que « Le peuple tunisien n'acceptera pas un retour à la tyrannie’’ avant de marteler que ‘’La vie n'a aucune valeur lorsque la liberté est menacée’’.


Ghannouchi a appelé les Tunisiens et l'armée à s'opposer aux décisions du président Saïd.


Plus tôt dans la soirée du dimanche, le président tunisien Kaïs Saïed a annoncé lors d'une rencontre avec de hauts cadres sécuritaires et militaires, qu'il a décidé de démettre le chef du gouvernement Hichem Mechichi de ses fonctions. Et qu'il assumera le pouvoir exécutif, avec l'aide d'un chef du gouvernement qu'il nommerait, et de geler, en outre, les pouvoirs du Parlement.


Les décisions de Saïed surviennent à la suite des manifestations qui ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats exigeant la démission du gouvernement.


Ces manifestations ont été marquées par des attaques contre le siège du Mouvement Ennahdha, dans un certain nombre de gouvernorats du pays. Le Mouvement avait condamné ces violences, par voie de communiqué, et a accusé les personnes impliquées dans ces attaques d'être des "bandes criminelles employées par des parties à l'extérieur et à l'intérieur des frontières du pays, dans le but de répandre le chaos et le sabotage, et au service des agendas visant à renverser la voie démocratique et ouvrant la voie au retour de l'oppression et de la tyrannie''.


La Tunisie est considérée comme le seul pays arabe qui a réussi à effectuer une transition démocratique parmi d'autres pays arabes qui ont également connu des révolutions populaires ayant renversé les régimes au pouvoir, notamment en Égypte, en Libye et au Yémen.


Cependant, depuis le mois de janvier dernier, la Tunisie subit une crise politique, opposant Kaïs Saïed à Hichem Mechichi, en raison d'un remaniement ministériel effectué par ce dernier, mais rejeté par le président de la République.

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Outre sa crise politique, le pays subit également une grave crise économique, aggravée par les répercussions de la pandémie de Covid-19, qui frappe le pays de plein fouet, avec la menace d'un effondrement imminent du système de santé, ce qui a conduit de nombreux pays à lui apporter une aide médicale urgente, ces derniers jours.



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