Afrique

Tunisie : La Centrale syndicale condamne la politique d'emprunt du gouvernement et refuse le gel des salaires

- Le secrétaire général de l'UGTT a évoqué une lettre du gouvernement visant à réduire les salaires et à les geler pendant 5 ans

Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti   | 22.12.2021
Tunisie : La Centrale syndicale condamne la politique d'emprunt du gouvernement et refuse le gel des salaires

Tunisia

AA / Tunisie / Olfa Ben Mohamed

L'Union générale tunisienne du travail (UGTT) a condamné, mercredi, la politique d'emprunt adoptée par son pays après la révolution, et le discours du gouvernement appelant à la réduction des salaires et à leur gel pendant 5 ans.

C'est ce qui ressort de l'intervention de son secrétaire général, Noureddine Tabboubi, lors des travaux du "Congrès national de la femme ouvrière", qui s'est tenu dans la ville de Hammamet (sud).

La dette publique n'a cessé de croître en Tunisie durant les années post-révolution. Alors qu'elle ne dépassait pas 43 % du PIB en 2009, elle a atteint 90 % en 2020.

Les projections de la loi de finances de l'année en cours indiquent que la dette publique a atteint un niveau record, à 109,23 milliards de dinars (37,6 milliards de dollars), dont 74,21 milliards de dinars (25,5 milliards de dollars) de dette extérieure.

Taboubi a indiqué que les salaires en Tunisie sont faibles et loin de répondre aux besoins du citoyen en matière de pouvoir d'achat.

"Le gouvernement de Najla Bouden a demandé au syndicat d'accepter un programme de réforme économique, qui comprend une réduction de 10% des salaires, un gel de 5 ans, la levée des subventions sur les produits de base et l'application de la retraite anticipée dans les institutions gouvernementales", a-t-il déclaré.

Et le Secrétaire général de l’UGTT d’ajouter : "Le syndicat ne trahira pas les travailleurs et le pays quel qu'en soit le prix, et rejette la politique de gel des salaires pendant 5 ans.... Si vous (le gouvernement) voulez que ce soit une bataille pour le progrès, la prospérité et la construction, le syndicat vous soutient, mais si vous voulez que ce soit une guerre d’usure, le syndicat y est prêt."

La Tunisie traverse une grave crise politique depuis le 25 juillet dernier, après que le président du pays, Kaïs Saïed, a adopté des mesures d'exception, dont notamment le gel des prérogatives du Parlement, la levée de l'immunité de ses députés, la suppression de l'organe de contrôle de la constitutionnalité des lois, la promulgation de lois par décrets présidentiels, le limogeage du Premier ministre et la formation d’un nouveau gouvernement.

La majorité des forces politiques du pays rejettent ces décisions et les assimilent à un "coup d'État contre la Constitution", tandis que d'autres forces les soutiennent et y voient une "correction du cours de la révolution de 2011", qui a renversé le président de l'époque, Zine El Abidine Ben Ali.


*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj

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