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Tunisie: Kaïs Saïed démet de ses fonctions le gouverneur de Gafsa

-Selon un communiqué succinct de la Présidence Tunisienne, alors que cette nouvelle décision s’inscrit dans le cadre d’une série de révocations entamées par le chef de l’Etat le 25 juillet et ayant visé un certain nombre de gouverneurs.

Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti   | 21.10.2021
Tunisie: Kaïs Saïed démet de ses fonctions le gouverneur de Gafsa

Tunisia

AA/Tunis

Le président tunisien Kaïs Saïed a décidé, jeudi, de mettre fin aux fonctions de Sami Ghabi en tant que gouverneur de Gafsa (sud-ouest), selon un communiqué officiel.

La Présidence Tunisienne a indiqué dans un communiqué succinct, dont l’Agence Anadolu a obtenu copie, que « le président de la République, Kaïs Saïed, a émis ce jeudi un décret présidentiel mettant fin aux fonctions de Sami Ghabi en tant que gouverneur de Gafsa ».

Cette décision s'inscrit dans la continuité d'une série de limogeages opérés par Saïed depuis le 25 juillet et ayant touché un certain nombre de gouverneurs du pays, dont les gouverneurs de Monastir (est) Akrem Sebri, de Médenine (sud-est), Habib Chaouat, de Zaghouan (nord), Salah Mtiraoui, de Gabès (sud-est), Mongi Thameur, et de Bizerte (nord), Mohamed Gouider.

La Tunisie est en proie à une grave crise politique depuis que Kaïs Saïed avait décidé le 25 juillet de révoquer le Chef du gouvernement Hichem Mechichi, geler les pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, et de lever l’immunité des députés, dans le cadre de mesures d’exception. Le chef de l’Etat avait annoncé également qu’il s’arrogeait le pouvoir exécutif avec l’aide d’un gouvernement dont il désignera le chef.

Le locataire de Carthage avait décidé le 22 septembre de supprimer l'instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi, et de légiférer par décrets présidentiels.

La majorité des partis a rejeté les décisions de Saïed, prorogées sine die en date du 24 août écoulé. Certains partis ont qualifié ces décisions de « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d’autres formations politiques y ont été favorables, estimant qu’il s’agit d’une « restauration du processus révolutionnaire », sur fond de crises politique, économique, et sanitaire (Covid-19).

Des voix critiques disent que les décisions de Saïed ont renforcé les pouvoirs de la Présidence au détriment du Parlement et du gouvernement, estimant que le locataire de Carthage veut faire pencher la balance en faveur du système présidentiel en tant que régime politique.

Le chef de l'Etat avait, à maintes reprises, essayé de rassurer l’opinion publique tunisienne et les chancelleries étrangères, en affirmant qu'il n’avait pas l’intention d’instaurer un régime autocratique en Tunisie ni de porter atteinte aux droits et libertés, mais vise à remédier à la situation par des réformes, après avoir invoqué l'existence d'un péril imminent qui menace l'Etat tunisien.


*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail

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