Afrique

Tunisie/Ennahdha : "Nous œuvrons à épargner à la Tunisie des élections anticipées"

Selon le président du Conseil de la Choura du mouvement, Abdelkarim Harouni, lors d'une conférence de presse tenue mercredi

Mona Saanouni   | 19.02.2020
Tunisie/Ennahdha : "Nous œuvrons à épargner à la Tunisie des élections anticipées" ( Yassine Gaidi - AA )

Tunisie

AA / Tunis / Yousra Ouannes

Le Mouvement tunisien d’Ennahdha a affirmé, mercredi, qu’il veut épargner au pays de se diriger vers des élections législatives anticipées, relevant que des progrès ont été enregistrés dans les négociations de la formation du nouveau gouvernement.

C’est ce qui ressort de déclarations faites par Abdelkarim Harouni, président du Conseil de la Choura du Mouvement (d’obédience islamique, 54/217 députés) au cours d’une conférence de presse animée au siège du parti à Tunis.

« Le Conseil de la Choura a chargé le Bureau exécutif du Mouvement de poursuivre les négociations relatives à la composition et au programme du gouvernement », a dit Harouni.

Il a ajouté que le « Bureau exécutif (du Mouvement) arrêtera ultérieurement (sans donner de date précise) la position d’Ennahdha au sujet de sa participation ou pas au gouvernement ou prendra d’autres options », sans livrer davantage de détails.

Et Harouni de poursuivre : « Ennahdha œuvre à éviter au pays de se diriger vers des élections anticipées, dès lors qu’il s’agit d’un effort supplémentaire, de dépenses supplémentaires et d’une aventure en ces circonstances instables…bien qu’il s’agit d’une solution démocratique et constitutionnelle et en dépit du fait qu’Ennahdha ne craint point les élections ».

« Le Mouvement (Ennahdha) sera soucieux d’identifier une solution dans le cadre de la constitution et du consensus entre les partis et prouvé que les partis sont aptes à gouverner selon le choix des électeurs », a-t-il relevé.

Harouni a réitéré « l’engagement d’Ennahdha à respecter la décision du président Kais Saied et son effort à interpréter la constitution, dans la mesure où le chef de l’Etat est la référence, notamment, en l’absence d’une Cour constitutionnelle ».

"Dans notre Mouvement", a-t-il insisté, "Nous affirmons que nous sommes dans un Etat de droit. Il existe un droit à l’effort et à la différence dans la compréhension de la constitution et considère que le président de la République est le premier garant du respect de la Constitution".

Harouni a souligné que « l’option d’Ennahdha demeure celle de former un gouvernement fort avec un programme clair qui satisfait les Tunisiens ».

« Nous voulons un gouvernement politique fondé sur des partis et nous souhaitons revoir la composition du gouvernement dans ce sens, ce que nous négocions avec le Chef du gouvernement », a-t-il enchaîné.

Harouni a relevé que des progrès ont été enregistrés au niveau de la composition du gouvernement et du partage des responsabilités en son sein, mais le Mouvement n’a pas encore reçu de liste définitive à la lumière de laquelle une décision définitive sera prise ».

« Il n'y a pas lieu de laisser accéder (au gouvernement) toute personne autour de laquelle sont soulevées des soupçons d’incompétence, de manque de transparence ou de normalisation, aors que dire s’il s’agit de liens avec la corruption et nous serons rigoureux et stricts à ce niveau dans la mesure où il s’agit des objectifs de la révolution contre la corruption », a-t-il encore dit.

Samedi, Elyes Fakhfakh, personnalité chargée de former le gouvernement, a soumis la liste de son cabinet proposé au président avec qui il a décidé de poursuivre les consultations à ce sujet, après que le Mouvement d’Ennahdha ait annoncé son retrait

Lundi, Saied a menacé, au cours d’une audience accordée au président du parlement, Rached Ghannouchi, et au Chef du gouvernement, Youcef Chahed, que le parlement sera dissous et que des élections anticipées auront lieu si les députés refuseraient d’accorder la confiance au gouvernement de Elyes Fakhfakh, selon un communiqué de la Présidence.

Le 15 novembre dernier, Kais Saied avait charé Habib Jamli, personnalité proposée par Ennahdha, de former le gouvernement. Jamli a échoué à obtenir la confiance du parlement.

Le 20 janvier dernier, le président avait chargé Fakhfakh, lancien dirigeant du FDTL (zéro députés) de former un gouvernement dans un délai ne dépassant pas un mois et qui prends fin jeudi.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın