AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La République démocratique du Congo va accueillir à partir d’avril des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis, dans le cadre d’un dispositif « temporaire » encadré conjointement, a annoncé dimanche le gouvernement congolais.
Selon un communiqué du ministère de la Communication, ce mécanisme concerne des migrants relevant des procédures américaines et s’inscrit dans « des modalités définies conjointement » entre Kinshasa et Washington.
Les autorités congolaises insistent sur le caractère non permanent de l’accueil, affirmant qu’il ne s’agit ni d’un programme de relocalisation durable ni d’une externalisation de la politique migratoire américaine.
« Aucun transfert automatique n’est prévu » et chaque situation fera l’objet d’un examen individuel conforme aux lois nationales et aux exigences de sécurité, précise le texte.
Kinshasa souligne également que cette initiative respecte « la souveraineté nationale » en matière de gestion des étrangers et s’inscrit dans ses engagements internationaux sur la protection des migrants.
Le gouvernement affirme par ailleurs qu’aucune charge financière ne sera supportée par le Trésor public congolais, la prise en charge logistique et technique étant assurée par la partie américaine via des structures spécialisées.
Des sites d’accueil ont été identifiés dans la capitale Kinshasa, où un encadrement administratif, sécuritaire et humanitaire est prévu pour les personnes concernées.
Les autorités congolaises conservent « la pleine maîtrise » des conditions relatives à l’admission, au séjour ou à l’éventuel éloignement des migrants, conformément à la législation nationale, conclut le communiqué.
La contrepartie n’est pas définie dans le texte mais en février dernier, la RDC a bénéficié d’un accord sanitaire de 1,2 milliard USD des États - Unis pour renforcer durablement le système de santé congolais.
Les deux pays sont également liés dans un deal minier engageant les États - Unis à œuvrer et aider la RDC à recouvrer la paix dans sa façade orientale. En contrepartie, Washington bénéficiera des contrats miniers préférentiels.