Esma Ben Said
03 Avril 2018•Mise à jour: 04 Avril 2018
AA/Desk
Un casque bleu a été tué et 11 autres blessés dans une attaque perpétrée contre une base onusienne par des éléments Anti-balaka (milice à majorité chrétienne) dans le centre de la République Centrafricaine, a appris mardi Anadolu de source onusienne.
« Dans la nuit du 2 au 3 avril, à 5h du matin, la base temporaire de la MINUSCA (force de l'ONU en RCA, ndlr) à Tagbara, village situé à 60km au nord-est de Bambari (préfecture de la Ouaka) a été violement attaquée par des Anti-Balaka », a annoncé la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies (Minusca) dans un communiqué parvenu à Anadolu.
« Les casques bleus ont riposté et après plusieurs heures d’échanges de tirs, un casque bleu a trouvé la mort, 11 autres ont été blessés et plus de 22 agresseurs Anti-Balaka ont été tués », précise le document.
Le casque bleu tué est de nationalité mauritanienne,d'après un communiqué de l'armée mauritanienne publié mardi.
« En réponse à cette attaque, la MINUSCA a déployé des renforts à Tagbara et a évacué le corps du casque bleu tué de même que les blessés sur Bangui et Bria. Indépendamment de cet incident, la MINUSCA a découvert, plus tard dans la matinée, les corps sans vie de 21 civils (13 hommes, 4 femmes et 4 enfants) près d’une église de Tagbara. D’après les premières constatations, des armes traditionnelles ont été utilisées », informe le texte.
La mission onusienne informe par ailleurs, que lundi, « des éléments de la base temporaire de la Force de la MINUSCA à Tagbara, ont été informés que l’UPC (l’Union pour la paix en Centrafrique, ex-Seleka) détenait 23 personnes dont 13 femmes, 7 hommes et 3 enfants ».
La force de l'ONU a toutefois « récupéré pacifiquement ces personnes, principalement civiles, qu’elle a ensuite hébergées à sa base temporaire pour la nuit, afin de garantir leur sécurité » , précise le texte.
La Minusca a annoncé qu' « une enquête sera diligentée afin de ne laisser aucune place à l’impunité ».
Civils et soldats de l'ONU sont fréquemment la cible de groupes armés en Centrafrique.
En outre, la voie de la paix, la stabilité et la réconciliation en Centrafrique reste "longue et ardue" malgré les efforts de la communauté internationale, a dernièrement déploré devant le Conseil de sécurité, Parfait Onanga-Anyanga l’envoyé spécial de l’ONU dans ce pays plongé dans un conflit meurtrier depuis 2013.
L’Etat n'a en effet de contrôle que sur une petite partie du territoire national, alors que les groupes armés s'affrontent dans le reste du territoire pour le contrôle des richesses dont le diamant et l'or s'attaquant par la même, aux populations, et notamment aux Centrafricains de confession musulmane.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé mi-novembre, de renforcer la Minusca de 900 hommes supplémentaires, afin d'augmenter sa réactivité en matière de protection des civils et de réinstauration de la paix.