Bilal Müftüoğlu
18 Janvier 2016•Mise à jour: 19 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les relations diplomatiques entre la France et le Gabon font face à un nouveau défi depuis le weekend dernier suite aux propos du Premier ministre français Manuel Valls laissant entendre que l'élection du président gabonais Ali Bongo n'était pas démocratique.
Invité de l'émission "On n'est pas couché" samedi soir sur France 2, Valls avait soutenu que l'élection de Bongo en 2009 n'était pas démocratique "comme on l'entend", face à la question sur la participation de ce dernier au rassemblement républicain à Paris le 11 janvier 2015 après les attentats de Charlie Hebdo.
Répondant à la question du comédien Jérémy Ferrari, "Comment expliquez-vous qu'Ali Bongo se retrouve en tête d'une marche pour la liberté d'expression", Valls avait indiqué, "Dans cette manifestation, vous retenez Ali Bongo, moi je retiens le président de l'Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien. Et surtout, un autre Africain, élu lui, Ibrahim Boubacar Keïta, au Mali".
Répondant par la suite à la remarque de l'humoriste, "Parce qu'il n'est pas élu, Ali Bongo?", Valls avait dit, "Non... Pas comme on l'entend".
Les remarques du Premier ministre français n'ont été guère appréciées au Gabon dont le ministère des Affaires étrangères a rappelé son ambassadeur en France dimanche dernier, selon les médias gabonais. Côté France, le Quai d'Orsay a fait savoir que cet ambassadeur a été reçu ce lundi à Matignon et que l'ambassadeur de France au Gabon a été entendu par la secrétaire générale du ministère gabonais des affaires étrangères à Libreville.
"La France et le Gabon entretiennent des relations amicales et confiantes. Le Gabon est pour la France un partenaire proche dans de nombreux domaines", a tenu à souligner le Quai d'Orsay dans sa déclaration écrite. Et le ministère d'ajouter: "La France est très attachée à ses relations avec le Gabon sous la conduite du président Bongo, élu en 2009".
Les propos de Valls ne marquent pourtant pas la première crise diplomatique qu'ont connue les relations franco-gabonaises ces derniers temps. En effet, Maixent Accrombessi, directeur de cabinet du président Bongo, avait été interpellé par la police française août dernier lors de son séjour à Paris pour des soupçons de corruption. Bongo avait alors dénoncé une tentative d'"humilier" son pays par la manière dont l'interpellation avait été conduite.