Afrique

Membre du Conseil de souveraineté: "le Soudan n'a pas de position unifiée au sujet du Barrage de la Renaissance"

- Lors d'un colloque placé sous le thème:"Le Barrage de la Renaissance éthiopien: vers une vision soudanaise unifiée et une voie nationale efficace".

Abdelrahman Fathy Ramadan Mohamed   | 15.09.2021
Membre du Conseil de souveraineté: "le Soudan n'a pas de position unifiée au sujet du Barrage de la Renaissance"

Sudan

AA/Khartoum

Un membre du Conseil de souveraineté soudanais, Malik Agar, a estimé que son pays "n'a pas de position unifiée" concernant le "Barrage de la Renaissance", contrairement à l'Egypte et l'Ethiopie.

Agar s'exprimait, mercredi, lors de sa participation à un colloque placé sous le thème: "Le Barrage de la Renaissance éthiopien: vers une vision soudanaise unifiée et une voie nationale efficace", organisé par le Centre d'études et de recherche de la Corne de l'Afrique dans le capitale, Khartoum, rapporte le correspondant de l'Agence Anadolu.

"Nous n'avons aucune position unifiée et claire vis-à-vis du Barrage de la Renaissance. Le Soudan lui-même n'est pas uni", a-t-il déploré.

Et le responsable soudanais d'ajouter: "Les avis diffèrent et peuvent varier d'une ville à une autre. Les points de vue changent à Khartoum et ne sont pas ceux qu'on entend parler à Madani (centre). Le ministère de l'Irrigation peut aussi avoir son avis et le ministère des Affaires étrangères pareillement, contrairement aux Égyptiens, qui ont le même avis sur la question de la ville de Assouan jusqu'à Alexandrie en passant par Ghafir."

Agar a souligné que "l'Éthiopie a réussi à mobiliser son peuple et à faire de la cause du Barrage de la Renaissance, une affaire nationale".

Agar a estimé que l'Éthiopie "n'arrêtera pas la construction du barrage de la Renaissance car c'est une arme qu'elle utilise contre les deux pays (Soudan et Égypte)", excluant "la signature par Addis-Abeba d'un accord juridique contraignant pour l'exploitation dudit barrage".

Il a également "exclu l'éventualité que son pays pourrait recourir à une intervention militaire pour résoudre la crise du Barrage de la Renaissance".

"Les opérations militaires ne donneront pas de résultats, d'autant plus que le Soudan n'a pas cette capacité militaire à même de mettre fin à cette crise. La meilleure solution reste malgré tout politique", a-t-il préconisé.

De son côté, l'ancien membre de l'équipe représentant le Soudan dans les négociations du Barrage de la Renaissance", Ahmed al-Mufti, a appelé lors du colloque à Khartoum, "à ne pas reprendre les négociations", les qualifiant de "désastreuses et absurdes".

En marge de ce colloque, Al-Mufti a déclaré à l'Agence Anadolu que "le Soudan entamera des négociations uniquement dans le cas où l'Éthiopie arrêterait l'exploitation et le remplissage du barrage".

"Après 10 ans de négociations, le Soudan n'a rien gagné, tandis que l'Éthiopie a réussi à construire 80% du barrage et achevé le premier et le deuxième remplissage et s'apprête à entamer le troisième remplissage", a-t-il insisté.

"Le Soudan devrait faire pression sur l'Éthiopie pour exiger de récupérer les terres sur lesquelles le barrage a été construit, car il s'agit de terres soudanaises octroyées conformément à l'accord (1902), qui stipulait qu'aucun barrage ne devait être construit dessus", a-t-il rappelé.


Mardi, le ministre soudanais de l'Irrigation et des Ressources en eau, Yasser Abbas, a informé son homologue éthiopien, Seleshi Bekele, de la protestation du Soudan contre les données techniques liées au remplissage du Barrage de la Renaissance que l'Éthiopie a fournies au Soudan en juillet dernier.

Les négociations entre Le Caire, Khartoum et Addis-Abeba au sujet du Barrage de la Renaissance, sont au point mort, surtout à la lumière de l’insistance de l'Éthiopie à aller de l'avant avec le troisième remplissage du barrage.

L'Egypte, le Soudan et l’Ethiopie, s'accusent mutuellement d'être responsables de l'échec des négociations parrainées par l'Union africaine (UA), depuis plusieurs mois, dans le cadre des pourparlers lancés, depuis dix ans.

Le Caire et Khartoum appellent à la conclusion d'un accord tripartite juridiquement contraignant, pour préserver leurs installations hydrauliques, et assurer leur part annuelle de l'eau du Nil.

* Traduit de l'arabe par Hajer Cherni

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