Afrique

Mali/Transition : qu'en est-il de l'accord d'Alger?

Nadia Chahed   | 23.09.2020
Mali/Transition : qu'en est-il de l'accord d'Alger?

Tunis


AA/Tunis

Au Mali la scène politique est en effervescence depuis le coup d’Etat du 18 août qui a poussé l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta à démissionner.

Dans ce contexte où tout semble en reconstruction où quasiment à refaire il y a lieu de s’interroger sur le devenir de l’accord de paix signé il y a six ans à Alger. Un accord qui peine à ce jour à être concrétisé sur le terrain sans que les raisons de ce blocage ne soit clairement évoquées.

Du côté de la Coordination des mouvements de l’Azawad on craint que cet accord soit relégué au second plan derrière les autres priorités du gouvernement de transition.

"On craint que durant les 18 mois de transitions rien ne soit fait et que même après cette transition le gouvernement élu ne pourra se pencher sur ce dossier que des mois après sa mise en place", a déclaré mercredi à Anadolu Hama Ag Sid Ahmed, conseiller spécial chargé des Affaires politiques auprès du Secrétaire général du mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA-relevant de la CMA).

Rappelant que la question de l’accord d’Alger est totalement absente de la charte de transition, Ag Sid Ahmed estime que le risque est grand dans la mesure que le Mali ne saura trouver la stabilité espérée sans que la question touareg ne soit réglée et la réconciliation nationale consacrée.

Interrogé sur les priorités de la CMA, Ag Sid Ahmed cite, notamment, la mise en œuvre rapide d'une armée reconstituée et la prise en charge immédiate des combattants de la CMA en attendant leur intégration au sein des forces de défense et paramilitaires et insertion dans la vie civile à travers des projets de développement de leur choix.

La concrétisation des collectivités territoriales à travers l'accord de paix et la mise en place d'actions de développement à la faveur de ces populations "asphyxiées socialement depuis des décennies" et le retour des populations réfugiées dans les pays voisines, sont d'autres priorités de la CMA.

Lors d'une réunion avec la junte militaire mercredi à Bamako, la CMA a exigé des garanties pour la mise en place de l'accord de paix, ont rapporté des médias locaux et français.

La Coalition des mouvements de l'Azawad réclame notamment une référence plus explicite à l’accord d’Alger dans le préambule de la charte de la transition, indique radio France internationale (RFI) précisant qu'actuellement, il est écrit dans ce préambule que la charte se fonde "sur la Constitution" de 1992.

Pour la CMA, il est impératif d’ajouter à cet endroit qu’elle se fonde aussi sur l’accord d’Alger, qui pour eux complète la Constitution. Ses représentants veulent aussi que l’application de cet accord figure clairement dans les objectifs de la feuille de route de la transition, précise le même média.


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