Esma Ben Said
17 Août 2017•Mise à jour: 17 Août 2017
AA/Ouagadougou/Olympia de Maismont
Le Président guinéen, Alpha Condé, également président en exercice de l'Union Africaine (UA) est arrivé jeudi à Ouagadougou pour réconforter le peuple burkinabé victime d'un attentat terrorirste dimanche soir qui a coûté la vie à 18 personnes et fait de nombreux blessés, d'après un bilan officiel.
Le président guinéen est arrivé à 16 heures (heure locale et GMT) à l'aéroport international de Ouagadougou où il a été accueilli par le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, a appris Anadolu de source aéroportuaire.
Alpha Condé s'est ensuite rendu sur le lieu de l'attaque du 13 aout accompagné entre autres, du ministre burkinabé de la Sécurité, Simon Compaoré, a constaté la correspondante de Anadolu.
"Non seulement le Burkina est un pays frère, ami de la Guinée et en même temps je suis président de l’Union Africaine. Je suis donc venu apporter à la fois la solidarité du peuple guinéen et celle de l’Union Africaine et montrer que le peuple burkinabè n’est pas seul » a déclaré face à la presse le chef de l'Etat guinéen.
Revenant sur l'urgence de rendre opérationnelles les forces de sécurité communes des pays du G5 Sahel, Alpha Condé a déclaré : " Il faut absolument que nous fassions des efforts pour trouver les 423 millions d'euros manquants. Pourquoi voulez-vous que les Pakistanais et les Sénégalais, viennent mourir en Afrique ? Ce ne sont pas leurs pays, c’est nous qui devons nous battre pour nos peuples", a-t-il lancé.
"Mais nous avons besoin d’être accompagnés, nous espérons qu’avec tous ces événements nos amis vont comprendre » a ajouté le président guinéen.
Deux hommes armés non-encore identifiés ont attaqué dimanche vers 21h, un restaurant à Ouagadougou et ouvert le feu sur les clients. Un assaut a été lancé par les Forces de Défense et de Sécurité qui ont pu selon les sources officielles, neutraliser les deux terroristes et évacuer une quinzaine personnes.
Le restaurant ciblé par cette attaque est situé sur l'emblématique avenue Kwamé Nkrumah au cœur de Ouagadougou à quelque 200 mètres du café restaurant "Capuccino" visé en janvier 2016 par une attaque similaire, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et qui avait fait 30 morts et 71 blessés.
Cette nouvelle attaque n'a toujours pas été revendiquée.
Le 2 juillet dernier à Bamako (Mali), les dirigeants des pays du G5 Sahel (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso, Mauritanie), avaient acté, sous l'égide du président français Emmanuel Macron, la constitution d'une force anti-terroriste, qui doit être commandée par le général malien Didier Dacko et commencer ses opérations sous peu.
Cette force qui devrait démarrer avec environ 5 mille éléments fournis par les cinq pays, nécessite toutefois une enveloppe de 423 millions d'euros, loin d'être atteinte, les Etats-Unis s’étant particulièrement montrés réticents.