Afrique

La «torture» des prisonniers pro-Gbagbo préoccupent les ONG ivoiriennes

"Un millier de partisans torturés" selon le chef de l’ex-parti au pouvoir, Pascal Affi N’Guessan. Le gouvernement dénonce "l'absence de preuves"

05.07.2014
La «torture» des prisonniers pro-Gbagbo préoccupent les ONG ivoiriennes

AA /Abidjan / Issiaka N’Guessan

Des ONG ivoiriennes de défense des droits de l’homme, sont préoccupées par la situation "d’un millier de partisans" de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, détenus en prison où certains subissent «des tortures» selon le chef de l’ex-parti au pouvoir, Pascal Affi N’Guessan, révèlent les propos recueillis, samedi, par Anadolu.

"La question de la torture carcérale nous inquiète, à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan-Maca- les prisonniers politiques ne sont pas en sécurité, ils sont soumis au bon vouloir d’un détenu dénommé Yacou " le chinois", qui règne en Roi en sein de la prison " a révélé à Anadolu, le Président du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), Me Doumbia Yacouba qui reconnait que "le phénomène de la torture est une réalité en Côte d'Ivoire". 

Sur le cas précis des prisonniers de la crise postélectorale 2010-2011, dits pro-Gbagbo, Yacouba a reconnu que le MIDH n'a pas "encore mené d'enquête", car, "jusque-là, nous n'étions pas intéressés par ce dossier spécifique", a-t-il encore précisé. 

Pour le porte-parole de la ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho) Pierre Kouamé Adjoumani, il n'y'a pas eu de "cas de maltraitance" rapportés. Néanmoins, "les demandes déposées auprès de l'administration pour rencontrer des prisonniers traités de façon inhumaine selon les témoignages de leurs épouses, sont demeurées sans suite", a-t-il souligné

"Cela prouve qu'il y 'a quelque chose, que le pouvoir a quelque chose à se reprocher", avance prudemment le Président de la Lidho. 

Le président du Front populaire ivoirien (Fpi-pro Gbagbo), N’guessan, avait soutenu, au cours d'une conférence de presse  tenue jeudi à Abidjan, que son parti comptait «700 prisonniers, rencensés après investigations dans les prisons et auprès des familles» et qu'il était même persuadé "qu'’ils sont environ un millier, nos camarades qui vivent l’enfer et certains sont torturés » avait-il déclaré.

Un nombre confirmé par le Secrétaire National chargé de la Sortie de crise, Ettien Amoakon, qui a déclaré à Anadolu qu' "à la date du 12 juin dernier, il y avait 700 prisonniers de son parti dans les prisons officielles de Maca, Mama, Boundiali, Katiola, Korhogo, Séguéla, Dimbokro et Bouna" ajoutant que " Certains sont dans des bâtiments privées dont nous n’avons pas le nombre »  sans aborder pour autant le volet de la torture évoquée par son Président de parti.

De son côté, le gouvernement ivoirien nie ces cas de tortures. Le porte-parole du pouvoir, Bruno Kone a d'ailleurs publiquement dénoncé "l'absence de preuve dans les déclarations de N'Guessan" et a nié la présence de détenus politiques dans les prisons ivoiriennes. 

Le 22 mai dernier le pouvoir avait annoncé la mise en liberté provisoire de 150 prisonniers de la crise postélectorale, pour marquer la reprise du dialogue entre le parti au pouvoir du président Alassane Ouattara ( Rassemblement des républicains ) et le principal parti d’opposition le FPI.  

Suite à cette annonce, le 31 mai dernier, seulement 51 détenus avaient été mis en liberté provisoire par la Justice ivoirienne.

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