Nadia Chahed
29 Août 2020•Mise à jour: 29 Août 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plusieurs voix se sont élevées vendredi en République démocratique du Congo (RDC) pour dénoncer la mort de deux élèves dans des affrontements entre armée et et un groupe armé non encore identifié à Masisi, un territoire de la province du Nord-Kivu (est).
« C'est avec grande tristesse que j'ai appris l'ignoble assassinat de deux élèves finalistes du primaire à Masisi au Nord-Kivu, suite à une incursion d'un groupe armé dans leur classe. C'est un crime abject que je condamne avec la plus grande fermeté. Une école est un sanctuaire", a déclaré Jeanine Mabunda, présidente de l’assemblée nationale sur son compte Twitter.
Elle a, en outre, appelé le gouvernement à « tout mettre en oeuvre pour protéger tous les enfants, en particulier les élèves en terminale primaire et secondaire dans les zones d'insécurité et à traduire en justice les auteurs de ces actes innommables ».
Selon Salomon Tsambali, le directeur de l’enseignement dans le Nord-Kivu, ces élèves ont trouvé la mort alors qu’ils se trouvaient à l’Ecole Primaire Ngoyi pour la deuxième journée du Test National de Fin d'Etudes Primaires.
La Présidence de la République Démocratique du Congo (RDC) a confirmé le décès de deux élèves.
Des ONG notamment locales ont avancé un bilan de cinq élèves tués et trois enseignants disparus après les combats.
L’assaut a été mené jeudi par un groupe armé contre une position militaire proche de l’école Primaire Ngoyi dans la localité de Katanga. Des affrontements armés ont ensuite opposé les forces congolaises aux assaillants.
« À ce stade, il y a lieu de se demander si nous sommes toujours en guerre ou déjà en enfer. Une République qui ne protège personne, la ligne rouge franchie, l'heure des condoléances est révolue" », s’est emporté la députée nationale Christelle Vuanga, dans un message parvenu à Anadolu.
« Comment notre armée peut-elle nous expliquer comment a-t-elle voulu tenir tête à un groupe armé près d’une école primaire », s’est interrogé un ancien ministre de l’Education.
L’UNICEF a, également, fermement condamné cette attaque. « Toutes les parties au conflit doivent protéger les écoles et assurer la sécurité des enfants conformément au droit international. », a souligné dans un communiqué Katya Marino, Représentante Adjointe de l’UNICEF en RDC.
Le président congolais Felix Tshisekedi a condamné « l'odieux assassinat de deux élèves», tout en rappelant « son engagement ferme de mettre fin à ces actes ignobles », selon un communiqué la présidence.
Au pouvoir depuis Jambier 2019, Félix Tshisekedi, ex-opposant élu président à l’issue de scrutins controversés, avait déclaré 9 mois après son investiture être « prêt à mourir pour restaurer la paix » dans l'Est congolais.
Cette région riche en minerais est le théâtre de violences et de conflits armés alimentés par la présence d’une centaine de groupes armés locaux et étrangers.