Abdu Abdelkhrim Saleh
12 Avril 2018•Mise à jour: 12 Avril 2018
AA/ Addis-Abeba/ Abdo AbdelKarim- Ibrahim Saleh
L’Éthiopie a tenu, jeudi, l’Égypte pour responsable de l’échec de la réunion tripartite qui avait eu lieu, la semaine dernière à Khartoum, au sujet du barrage de la Renaissance [Ennahdha].
La rencontre avait réuni les ministres des Affaires étrangères, les ministres des Ressources en eau et de l’Irrigation ainsi que les Chefs des services de renseignement de l’Éthiopie, de l’Égypte et du Soudan.
Le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Melese Alem Tekle, a déclaré, jeudi lors d’une conférence de presse hebdomadaire, que "l'absence d'une collaboration sérieuse de la part de la partie égyptienne ainsi que sa proposition de la convention de 1959 lors des négociations, étaient à l’origine de l’échec de la réunion de Khartoum".
En vertu de la convention de 1959 signée entre le Soudan et l’Egypte, les eaux du Nil sont départagées entre ces deux derniers. La part du Caire est de 55.5 milliards de m3 alors que celle de Khartoum s’élève à 18,5 55.5 milliards de m3 des eaux du fleuve.
"L’Éthiopie n’accorde aucun intérêt à cette convention. Le fait de la proposer lors des négociations représentait une ligne rouge. Addis-Abeba ne négociera pas au sujet d’une convention dont elle ne fait pas partie", a souligné Alem Tekle.
A ses yeux, le manque de sérieux, l’absence d’une collaboration de la part du Caire ainsi que le passage en revue de la convention précitée étaient les 3 causes ayant abouti à l’échec des négociations au sujet de la Crise du Barrage de la Renaissance.
Le porte-parole de la diplomatie éthiopienne a, également, fait savoir que les négociations de Khartoum avaient porté sur deux axes à savoir le Barrage de la Renaissance et la coopération économique entre les trois pays.
Évoquant cette dernière, Alem Tekle a souligné qu’elle avait été témoin d’un progrès. "Il a été convenu que les populations des trois pays devraient être liées aux intérêts économiques par le biais des infrastructures", a-t-il renchéri.
Il n’a été pas possible de recueillir, dans l’immédiat, un commentaire de la part du gouvernement égyptien au sujet des déclarations du porte-parole de la diplomatie éthiopienne.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Chokri, avait, quant à lui, annoncé que les négociations de Khartoum "n’avaient débouché aucune une voie précise de même qu’elles n’avaient pas abouti à des résultats", sans qu’il n’en révèle les causes.
La réunion de Khartoum était la première depuis que le Caire avait annoncé, le 13 novembre, le gel des négociations techniques avec le Soudan et l'Ethiopie sur le Barrage de la Renaissance après l'échec de l'adoption d'un rapport sur le barrage élaboré par un bureau consultatif français.
En janvier, le président soudanais, Omar el-Béchir, son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, ainsi que le Premier ministre éthiopien qui était en exercice à l’époque, Haile Mariam Dessalegn, avaient tenu un Sommet qui avait conduit à la reprise des négociations.
Le barrage de la Renaissance, édifié par l’Ethiopie sur le Nil (Nil bleu), suscite les craintes de l’Egypte quant à la diminution de sa part annuelle des eaux du fleuve (55.5 milliards de m3).
La partie éthiopienne affirme que le barrage lui sera d’une grande utilité, notamment en matière de production d’énergie. Addis-Abeba affirme qu’il ne causera aucun préjudice à l’Egypte et au Soudan et se déclare prête pour négocier avec Le Caire toutes les questions controversées.