Wejden Jlassi
25 Janvier 2021•Mise à jour: 26 Janvier 2021
AA/ Tunis
Le président tunisien, Kaïs Saïed, a déclaré lundi que le remaniement ministériel annoncé récemment par le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, n'a pas respecté les procédures prévues par la Constitution.
C'est ce qui ressort de la réunion du Conseil de la sûreté nationale tenue lundi au palais de Carthage à Tunis, et qui a porté sur un certain nombre de questions liées principalement aux conditions sanitaires et politiques que traverse le pays, lit-on dans un communiqué de la présidence tunisienne, publié sur sa page officielle sur Facebook.
Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, le président du parlement, Rached Ghannouchi et les ministres de la Justice, de la Défense, de l'Economie, des Finances et de l'Investissement et de la Santé ont pris part à cette réunion.
Saïed a indiqué que le remaniement ministériel annoncé par le chef du gouvernement Hichem Mechichi, n'a pas respecté les procédures prévues par la Constitution, en particulier l’article 92 de celle-ci, qui insiste sur la délibération du Conseil des ministres pour tout remaniement ministériel ou modification dans la composition du gouvernement. Le président de la République a également relevé d’autres vices de procédure sans les nommer.
Le chef de l'État a souligné que certains noms proposés font l'objet de suspicions de corruption et d'autres de conflit d'intérêts.
« Prêter serment est bien plus qu’une simple formalité administrative. Je n’accepterai pas que des personnes corrompues prêtent serment devant moi », a-t-il lancé.
Par ailleurs, le chef de l'Etat a dénoncé l’absence de femmes au sein du nouveau gouvernement, insistant que celles-ci sont capables d’assumer de hautes responsabilités.
Le 16 janvier courant, le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, avait procédé à un remaniement ministériel portant sur 11 portefeuilles (sur 25).
À cet effet, Zouhair Maghzaoui du bloc démocratique (38 députés/217) a déclaré à l'agence de presse officielle TAP, que « Parmi les ministres proposés, il y a des noms autour desquels il y a des suspicions de corruption et de conflit d'intérêts (sans citer de noms).
Pour sa part, le président du bloc parlementaire «Tahya Tounes» (10 députés/217), Mustapha Ben Ahmed, a fait savoir à l'agence TAP que son bloc : « ne votera pas la confiance aux ministres proposés qui sont suspectés d’être impliqués dans des affaires de corruption et de conflits d'intérêts ».
Saïed a estimé à l’entame de la réunion que les récents événements, en allusion aux manifestations qui ont secoué la Tunisie pendant plusieurs jours, sont le résultat d’une déception vis à vis des politiques économiques et sociales qui ont été appliquées pendant des décennies, ainsi que la situation politique en crise.
Depuis des jours plusieurs gouvernorats tunisiens ont été le théâtre de mouvements de protestation nocturnes, émaillés d'affrontements avec les forces de l’ordre, et qui coïncidaient avec l'entrée en vigueur d'un couvre-feu nocturne pour endiguer la propagation du coronavirus.
S'attardant sur la situation sanitaire dans le pays, Saïed, a exprimé sa préoccupation quant à l'évolution de la situation épidémiologique en Tunisie, tout en mettant l'accent sur la nécessité d’intensifier les efforts pour fournir le vaccin au peuple tunisien dans les plus brefs délais.
Selon les données officielles du département tunisien de la Santé, le nombre total des personnes infectées par la Covid-19 a atteint 197 373 cas positifs, dont 6234 décès.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail