Ben Amed Azize Zougmore
28 Juillet 2026•Mise à jour: 28 Juillet 2026
Le Parquet national financier (PNF) a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de 18 personnes physiques, dont neuf enfants de l'ancien président gabonais Omar Bongo, ainsi que de cinq sociétés dans le cadre du volet gabonais de l'affaire dite des « biens mal acquis », a rapporté mardi Radio France Internationale (RFI).
Selon la radio française, cette décision marque une nouvelle étape vers un éventuel procès portant sur un patrimoine immobilier évalué par la justice française à environ 85 millions d'euros, acquis en France grâce à des fonds publics présumés détournés.
Parmi les personnes visées figurent notamment Pascaline Bongo, ancienne directrice de cabinet de son père et propriétaire de plusieurs appartements à Paris. Elle est poursuivie notamment pour recel de détournement de fonds publics, blanchiment, corruption active et passive ainsi qu'abus de biens sociaux.
Le réquisitoire vise également Omar Denis Junior, un autre fils d'Omar Bongo.
En revanche, l'ancien président Ali Bongo Ondimba, qui a dirigé le Gabon de 2009 à 2023, n'est pas concerné par cette procédure, précise la radio.
La Première dame du Congo-Brazzaville, Antoinette Sassou-Nguesso, ainsi que l'ancienne Miss France Sonia Rolland figurent également parmi les personnes dont le PNF demande le renvoi en correctionnelle. Selon RFI, Sonia Rolland est mise en cause pour un appartement reçu en 2003 d'Edith Bongo, épouse d'Omar Bongo, qu'elle a toujours présenté comme un cadeau.
Le parquet requiert en outre le renvoi de BNP Paribas, soupçonnée d'avoir converti au moins 35 millions d'euros de fonds d'origine illicite, ainsi que de quatre sociétés immobilières ayant, selon l'accusation, bénéficié de dizaines de millions d'euros injectés par la famille Bongo. Parmi elles figure Atelier 74, une entreprise gabonaise de décoration intérieure qui aurait perçu plus de 53 millions d'euros en espèces entre 1987 et 2009.
Selon la même source , les avocats de la famille Bongo contestent depuis l'ouverture de l'enquête les accusations, dénonçant une procédure à caractère politique destinée à confisquer leur patrimoine.
L'affaire, issue de plaintes déposées par des ONG en 2007 et 2008, a conduit à la saisie de 52 biens immobiliers en France. Il appartient désormais au juge d'instruction de décider s'il suit ou non les réquisitions du PNF et ordonne la tenue d'un procès.
RFI rappelle qu'en 2020, dans le premier procès français lié aux « biens mal acquis » de dirigeants africains, le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang Nguema, avait été condamné en appel à trois ans d'emprisonnement avec sursis et à 30 millions d'euros d'amende.