Lassaad Ben Ahmed
11 Janvier 2018•Mise à jour: 11 Janvier 2018
AA/Goma/Fiston Mahamba
Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Est de la République démocratique du Congo, a annoncé jeudi, lors d’une conférence de presse, le déploiement de 7000 hommes des Forces armée Congolaises dans la province du Nord-Kivu pour éradiquer les groupes rebelles, principaux auteurs de l'insécurité dans cette partie orientale de la RDC.
"5000 hommes seront déployés en territoire de Beni pour traquer la rébellion Ougandaise de l'Allied Democratic Forces, ADF.", a expliqué Julien Paluku Kahongya dans la salle de conférence de l'Union nationale de la presse du Congo, UNPC, à Goma.
2000 autres hommes seront déployés en territoire de Rutshuru "pour la traque de rebelles Rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda mais également les rébellions et milices locales", a-t-il ajouté.
Le défi sécuritaire étant une priorité du gouvernement central de la République démocratique du Congo pour cette année électorale, le gouverneur de la province du Nord-Kivu a déclaré que l'essentiel de ces nouvelles unités de l'armée sont en cours de déploiement.
Il précise que les troupes seront composées d’unités spéciales, appelées à répondre aux besoins de sécurisation des zones où elles seront affectées.
"La population de la province du Nord-Kivu doit se désolidariser des groupes armés qui sèment la terreur dans les villages et appuyer les troupes gouvernementales ayant la mission régalienne de protéger l'intégrité territoriale pour assurer le déroulement des élections prévues cette année dans la quiétude totale", a appelé Julien Paluku Kahongya.
Au lendemain de l'attaque menée par les rebelles ADF contre les positions de casques bleus Tanzaniens en territoire de Beni en décembre 2017, le commandement de l'armée Congolaise dans la province du Nord-Kivu avait annoncé une réponse musclée aux dernières attaques rebelles, par le lancement d'une opération militaire d'envergure contre les positions de cette rébellion.
En parallèle, une opération militaire coordonnée entre l'armée congolaise et les troupes de l'armée ougandaise a été lancée depuis décembre dernier. Dénommée Tuugo, l'opération consiste à l'échange de renseignements sur les activités de la rébellion ougandaise Allied Democratic Forces.
Dans un communiqué de presse publié en décembre, le haut commandement de l'armée ougandais avait annoncé que ses troupes ont lancé des attaques aériennes et avec l'utilisation des armes à longues portées contre huit camps de rebelles ADF situés en territoire de Beni.
Au lendemain de ces tirs ciblés, l'état-major de l'armée ougandaise avait avancé un bilan d'une centaine de rebelles tués.
Ces nouvelles unités viennent soutenir les milliers de soldats déjà déployés dans cette zone, constituant le front le plus sur-militarisé de la RDC.
Selon Jean Jacques Wondo, diplômé de l’école Royale Militaire de Belgique et analyste des questions socio-politiques, sécuritaires et militaires de la République démocratique du Congo et auteur de l’ouvrage-référence, "Les armées au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC" (2013) et éditeur du site web Desc-Wondo, dédié à l'information politique et sécuritaire de la République démocratique du Congo, en 2017 plus de 20 milles militaires de l'armée congolaise ont été déployé dans la région de Beni, en vue de prendre part aux opérations Sokola1, visant les rebelles ADF et les autres groupes rebelles actifs en territoire de Beni.
Outre les troupes de l'armée Congolaise, l'ONU a déployé au Nord-Kivu une brigade spéciale de plus de 2000 hommes pour éradiquer les groupes armés installés dans cette région depuis plus d'une décennie.