Esma Ben Said
26 Mai 2018•Mise à jour: 26 Mai 2018
AA / Kinshasa / Beni / Pascal Mulegwa
L’armée congolaise a annoncé avoir tué au moins deux combattants de la rébellion ougandaise des forces démocratiques alliés (ADF) lors de nouveaux affrontements qui ont éclaté samedi matin à Beni, ville située dans la façade orientale de la République démocratique du Congo (RDC).
Samedi matin, des rebelles ont attaqué trois positions de l’armée à Kadowu et Kipe dans la commune de Rwenzori, a indiqué dans une déclaration à Anadolu, le porte-parole local de l’armée, le capitaine Mak Hazukay communiquant un bilan "d’au moins de deux morts dans les rangs des assaillants".
L’attaque des assaillants a été repoussée par l’armée qui a également récupéré quelques armes et munitions de mains d’assaillants.
La veille l’armée a attaqué plusieurs positions de ces rebelles sur la route Mbau-Kamango, dans le territoire de Beni. 14 rebelles et cinq soldats sont morts lors de ces combats, d’après l’armée.
Les 14 corps des rebelles tués ont été exposés dans la cour de la mairie de Beni vendredi en présence d’une marée humaine.
"L’exposition des corps de ces rebelles risque de pousser les ADF à se venger sur les civils. L’armée devrait maintenir sa posture actuelle pour épargner les vies des populations", a confié l’opposant Grégoire Kiro, député élu de la ville de Beni, joint par Anadolu.
Rébellion ougandaise opposée au président Yoweri Museveni et déclarée "mouvement terroriste" par Kinshasa et les pays voisins, l'ADF est pratiquement le plus nocif et sanglant des groupes armés encore actifs sur le sol congolais à ce jour.
Les ADF sont retranchés depuis plus de 20 ans dans l’Est de la RDC où ils sont accusés par l’ONU, Kinshasa et la société civile d’avoir massacré un millier de civils congolais depuis 2014.
Ils sont en outre, pris responsables d’un assaut robuste en décembre dernier contre une base de l’ONU dans le territoire de Beni. Quinze Casques bleus ont été tués, constituant la pire attaque contre l’ONU depuis deux décennies.
Le leader de l'ADF Jamil Mukulu a été arrêté en Tanzanie vers mars 2015 avant d'être extradé vers l'Ouganda pour être traduit devant la Justice, pour les atrocités commises par sa rébellion en Ouganda.
Un "avant procès" a été ouvert le 14 mai dernier dans la capitale Ouganda contre une trentaine de rebelles ougandais, dont Jamil Mukulu. Kinshasa réclame instamment son extradition.