Afrique

Centrafrique : les avocats du barreau entament une grève

- Ils protestent contre l'exfiltration par des gendarmes du ministre Hassan Ali Bouba.

Lassaad Ben Ahmed   | 29.11.2021
Centrafrique : les avocats du barreau entament une grève

Central African Republic

AA / Peter Kum

Les avocats du barreau centrafricains ont entamé un mouvement de grève, lundi, devant le siège de la Cour pénale spéciale (CPS), a rapporté à l’Agence Anadolu, Me Bruno Hyacinthe Gbiegba, l’un des leaders des organisations de défense des droits de l’homme en République centrafricaine (RCA).

« Aucune audience publique ne se tiendra ce jour. Nous réclamons une justice indépendante », a souligné l’avocat gréviste.

Selon le barreau, l’élément déclencheur de cette grève est l’exfiltration, vendredi 24 novembre, par des gendarmes, du ministre Hassan Ali Bouba de son lieu de détention.

Hassan Ali Bouba, ministre de l’Elevage et ex-coordinateur politique l'UPC (l'Union pour la Paix en Centrafrique), l'un des plus redoutables groupes armés rebelles de la RCA, est poursuivi pour crimes de guerre par la Cour pénale spéciale.

La CPS avait indiqué dans un communiqué, vendredi, qu’elle avait appris avec « beaucoup d’indignation la sortie de prison de l’inculpé » Hassan Ali Bouba « alors qu’il devait comparaître devant le Cabinet d’instruction pour qu’il statue de son placement en détention provisoire ».

Elle a aussi souligné qu’elle avait appris « avec consternation » que « l’inculpé a été reconduit par la gendarmerie nationale à son domicile ».

La CPS avait condamné fermement ces faits et déploré « cette entrave au bon fonctionnement de la justice » centrafricaine.

Elle avait annoncé d'en référer aux plus hautes autorités compétentes, car cet acte « remet en cause l’autorité de la Cour et l’indépendance de la justice dans un Etat de droit ».

Les autorités centrafricaines n'ont pas encore réagi à ce sujet.

Pour rappel, Hassan Bouba Ali, ministre centrafricain de l’Elevage et de la santé animale, a été arrêté le vendredi 19 novembre dans son bureau par des éléments de la gendarmerie.

Selon un communiqué publié lundi dernier par la Cour pénale spéciale (CPS) de la Centrafrique, le ministre est inculpé est poursuivi pour « crime contre l’humanité et crime de guerre prétendument et qui ont fait l’objet du réquisitoire introductif du procureur spécial en date du 30 octobre 2019 ».

Selon des sources concordantes, le ministre est à présent dans sa résidence. Il n'a pas été limogé du gouvernement et son nom figure sur la liste des participants aux festivités du 1er décembre, marquant l'anniversaire de la proclamation de la République.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın