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Centrafrique: La Minusca s’explique sur le retrait des Casques bleus gabonais

Ekip   | 16.09.2021
Centrafrique: La Minusca s’explique sur le retrait des Casques bleus gabonais

Ankara

AA / Yaoundé / Peter Kum

Suite à des accusations d’abus sexuels en cours de traitement, les Nations Unies ont décidé mercredi 15 septembre du retrait du contingent gabonais de la Minusca.

La Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine) a relevé dans un communiqué qu’elle a été alertée sur des allégations d’abus sexuels commis par le contingent militaire gabonais déployés dans une localité du centre du pays.

D’après l’ONU, il s’agit de "cinq filles" violées par des militaires gabonais et "les victimes identifiées ont été aussitôt prises en charge par les partenaires selon leurs besoins médicaux, psychosociaux et en matière de protection".

Compte tenu de "la gravité de ces allégations et de la politique de tolérance zéro des Nations Unies", la Minusca a indiqué qu’elle a dépêché une mission pluridisciplinaire sur les lieux qui a fait une évaluation de la situation et pris des mesures de prévention des risques.

"En raison de la gravité de ces dernières allégations rapportées, le Secrétariat des Nations Unies a pris la décision de rapatrier tout le contingent gabonais de la Minusca" composé de 450 militaires qui avaient été déployé en RCA.

La décision du retrait du contingent gabonais de la RCA a été communiquée par l’ONU aux autorités gabonaises le mardi 14 septembre 2021, a précisé la Minusca.

Par ailleurs, "le Secrétariat des Nations Unies a informé, le 7 septembre 2021, les autorités gabonaises pour que soit notamment désigné un enquêteur national dans les cinq jours ouvrables et que l'enquête soit conclue dans moins de 90 jours", a indiqué l’ONU.

Selon les Nations Unies, c’est depuis 2017 que son Comité permanent d'examen de mise en œuvre évalue le contingent Gabonais après des accusations d’abus sexuels.

"Lorsqu’il existe des preuves crédibles de cas répandus ou systémiques d’exploitation et d’abus sexuels commis par des unités d’un pays contributeur, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas pris les mesures voulues pour enquêter sur ces allégations, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas amené les auteurs de ces actes à en répondre ou informé le Secrétaire général des progrès des enquêtes ou des mesures prises", l’ONU prend la décision de remplacer toutes les unités du pays concerné, a expliqué la Minusca.

Les accusations de crimes et délits sexuels contre les casques bleus sont récurrentes en Centrafrique.

Certains contingents ont été retirés par le passé mais aucune enquête n’a abouti à des condamnations à ce jour, du moins publiquement.

La Minusca a été déployée par l’ONU en avril 2014 pour tenter de mettre fin à la sanglante guerre civile qui a suivi un coup d’État l’année précédente contre le président François Bozizé.

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