Lassaad Ben Ahmed
29 Janvier 2018•Mise à jour: 30 Janvier 2018
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le leader de la sécession anglophone, Sisiku Ayuk Tabe et son équipe, interpellés à Abuja ont été extradé au Cameroun a confirmé, lundi à Anadolu, le porte-parole du Gouvernement, Issa Tchiroma.
«Je peux déjà vous confirmer que ces sécessionnistes sont au Cameroun. Ils ont été extradés dans la nuit de jeudi à vendredi, le 26 janvier. Il fallait que j’attende l’autorisation du Président de la République et du Premier ministre pour communiquer sur cette actualité brûlante », a confié lundi le ministre à Anadolu.
«Maintenant que j’ai le feu vert, je vais faire une communication très importante d’ici la nuit à la radio nationale», souligne Issa Tchiroma.
Le membre du Gouvernement indique, par ailleurs, que les personnes extradées ne sont pas seulement des leaders du présumé Etat d’Ambazonie.
«Parmi eux se trouvent des recrues de la guérilla d’Ambazonie, arrêtées dans des forêts à Calabar», au Sud du Nigéria.
Vendredi dernier, deux chaînes de télévision françaises avaient annoncé l’extradition de ces séparatistes.
Le silence du Gouvernement camerounais ainsi que les médias locaux, avait semé le doute sur l’annonce.
Alors que Yaoundé négociait encore avec Abuja leur extradition, le porte-parole du Gouvernement indiquait que des mandats d’arrêt internationaux avaient été émis à l’encontre de ces personnes considérées comme des terroristes.
«Toute la nation camerounaise est heureuse de savoir que ces criminels qui brûlent des édifices publics, tuent des forces de défense et de sécurité et commettent un crime imprescriptible, qui consiste à empêcher à nos enfants d’acquérir le savoir pour devenir des leaders de demain, ceux-là sont des criminels recherchés par la nation camerounaise», a-il indiqué à Anadolu.
«Si il s’avère que ces gens sont responsables des actes commis contre nos forces armées, il semble normal qu’ils soient jugés au Cameroun », conclut le ministre.
Pour rappel, la crise anglophone avait pris un tournant décisif le 1er octobre 2017, suite à l'annonce symbolique de l'Indépendance des deux régions anglophones du Cameroun, le sud-ouest et le nord-oust et la création du présumé Etat d'Ambazonie.
Cette crise avait commencé par un mouvement de protestation d'avocats anglophones contre la non traduction de documents nécessaires à leur travail. La protestation a été violemment réprimée. Et au cours du mois de décembre les sécessionnistes sont passé aux armes en s'attaquant à des positions de l'armée et de la police. Le bilan de leurs attaques s'élève à une vingtaine de soldats.
S'ils sont inculpés, les sécessionnistes risquent de lourdes peines.