Nadia Chahed
22 Juin 2017•Mise à jour: 22 Juin 2017
AA/Extrême-Nord ( Cameroun)/Peter Kum
Dix personnes dont huit civils ont trouvé la mort dans un attentat-suicide qui a visé, mercredi soir, la ville de Kolofata dans l'Extrême-Nord camerounais, a appris Anadolu, jeudi, auprès d'une source officielle locale.
"Le bilan initial qui était de six civils tués s’est alourdi car deux civils qui étaient grièvement blessés ont succombé à leurs blessures durant la nuit à l’hôpital", a indiqué à Anadolu, le gouverneur de la région, Bakari Midjiyawa.
Outre les 8 civils, deux kamikazes ont trouvé la mort lors de l'attentat perpétrée près de la résidence du Vice-Premier ministre camerounais, Amadou Ali, a indiqué la même source, présumant qu'il s'agit d'une opération orchestrée par le groupe terroriste nigérian Boko Haram.
Cette attaque est la deuxième du genre qui vise la résidence du même responsable.
En 2014, des éléments lourdement armés de Boko Haram avaient attaqué la résidence d’Amadou Ali à la veille de la fête du Ramadan. L’épouse du Vice-Premier ministre, le Maire de Kolofata ainsi des membres de sa famille avaient été kidnappés lors de cette attaque. Les ravisseurs avaient alors demandé une forte somme d’argent pour la libération des neuf otages.
Depuis cette attaque, la ville de Kolofata avait pris les allures d’une ville fantôme, plusieurs structures gouvernementales telles que la Mairie, la Sous préfecture, les services de douane et les écoles avaient, en effet, fermés leurs portes par crainte de se voir visées par les terroristes.
Un grand nombre des habitants de la ville ont, en outre, décidé de se refugier à Mora où se trouve une base militaire.
Des réfugiés nigérians fuyant les exactions à répétition de Boko Haram se sont alors installés dans la ville quasi-déserte de Kolofata. En visite de travail lundi dernier dans cette ville, le gouverneur de l'Extrême-Nord a exhorté ces réfugiés à partir. « Ils doivent partir de Kolofata car la zone n’est pas sécurisée. Nous ne pouvons pas installer un camp de réfugiés près de la frontière, c’est dangereux », a-t-il expliqué.