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Cameroun : deux militaires tués dans une explosion en région anglophone

-Un civil a été mortellement touché par balles, par la suite, lors d’un échange de coups de feu entre l’armée et les séparatistes.

Lassaad Ben Ahmed   | 15.09.2020
Cameroun : deux militaires tués dans une explosion en région anglophone

Cameroon

AA / Yaoundé / Peter Kum

Trois personnes, dont deux militaires camerounais ont été tués dans la nuit de lundi à mardi suite à une explosion à Bongongo, village natal du Premier ministre, situé dans la région anglophone du Sud-ouest, a appris l’agence Anadolu de sources locales, mardi.

« Deux militaires ont trouvé le mort lundi dans une attaque à la bombe à Bongongo », village du Premier ministre du Cameroun, Joseph Dion Nguté, a fait savoir le préfet du département du Ndian, Nwafua Laurence.

Les deux militaires assuraient la garde de la résidence privée du Premier ministre à Bongongo.

« Leur véhicule est monté sur une mine enterrée par les séparatistes, alors qu’ils se rendaient à la résidence du Premier ministre où ils prenaient la garde », a-t-il précisé.

« Dans un échange des tirs croisés entre des éléments de l’armée et les séparatistes suite à l'attaque, un civil a été mortellement atteint par une balle perdue », a ajouté le préfet.

Ces nouvelles violences interviennent au moment où le gouvernement camerounais a déployé un fort contingent de militaires (dont le nombre n'a pas été communiqué) dans la région anglophone du Nord-ouest pour essayer de sécuriser la région, suite à des heurts meurtriers entre miliciens séparatistes et armée régulière, la semaine dernière.

L’objectif assigné à ce déploiement militaire significatif baptisé opération «Bamenda Clean» consistait à neutraliser les séparatistes armés qui se mêlaient fréquemment à la population pour perpétrer des actes effroyables.

« La situation dans les deux régions en crise est même pire qu’avant la tenue du grand dialogue national organisé l’année dernière, et qui avait pour principal objectif de trouver des solutions à la crise sécuritaire qui secoue les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 4 ans », a affirmé Ni John Fru Ndi, leader du premier parti d’opposition au Cameroun, le « Social democratic front ».

« C’est triste, vraiment triste, de voir la situation dégénérer à ce point, alors que nous avons tout fait pour empêcher Paul Biya de déclencher une guerre. Des crimes sont commis des deux côtés, par l’armée et les groupes séparatistes, et les civils sont coincés au milieu », déplore le leader du parti d’opposition anglophone.
Par ailleurs, « les militaires accusent la population de ne pas les aider à identifier les combattants séparatistes », a ajouté l’opposant camerounais.

Pour rappel, le mouvement séparatiste anglophone avait commencé en octobre 2016, suite à un mouvement d'humeur d'avocats anglophones qui n'ont pas pu obtenir des documents en anglais, nécessaires à leur travail.

Le mouvement a été rapidement rejoint par les enseignants puis de plusieurs acteurs anglophones avant de se transformer en une insurrection armée, fin 2017.

Les affrontements dans le cadre de ce conflit ont provoqué de lourdes pertes en vies humaines et poussé des milliers de Camerounais au déplacement vers les régions francophones du pays ou encore vers le Nigeria.


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