Afrique

Cameroun : 27 militants du MRC acquittés à Bafoussam

- Ils avaient été arrêtés dans le cadre des marches du MRC du 22 septembre 2020 pour demander le départ de Paul Biya du pouvoir.

Lassaad Ben Ahmed   | 17.11.2021
Cameroun : 27 militants du MRC acquittés à Bafoussam

Cameroon

AA / Yaoundé / Peter Kum

Sur les 33 militants du Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun (MRC) poursuivis par le tribunal militaire de Bafoussam à l’Ouest du pays, 27 ont été acquittés mardi, a annoncé sur son site la section de ce parti dans la région de l’Ouest.

Selon le MRC, ses partisans ont été acquittés suite à l’audience qui s’est tenue le 1er novembre au tribunal militaire de Bafoussam, chef-lieu de la région de l’Ouest.

Les autres militants du Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun qui n’ont pas été acquittés, ont été condamnés à une peine d’un an avec sursis.

« C’est une justice injuste. D’une part parce que le tribunal militaire n’est pas compétent mais aussi d’autre part parce que ces acquittements n’obéissent à aucune logique vu que 123 militants du MRC arrêtés dans les mêmes conditions et avec les mêmes chefs d’accusation sont encore en prison à travers le pays », a réagi Me Hyppolite Meli, le Porte-parole du collectif des avocats du MRC.

Au Cameroun, l’opposant Maurice Kamto, leader du MRC, avait organisé le 22 septembre 2020, une manifestation pacifique pour réclamer le départ du président Paul Biya et le report des élections régionales prévues en décembre dernier, si la crise dans les régions anglophones n’était pas réglée et si le système électoral n’était pas reformé de manière consensuelle.

Cette manifestation qui avait été interdite par le gouvernement, avait été réprimée par les force de l’ordre.

Selon le bilan dressé par le MRC et des organisations de la société civile au lendemain de la manifestation, 155 personnes, en majorité des militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), avaient été écrouées dans les prisons de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Nkongsamba et Mfou.

Parmi ces personnes, figurent plusieurs cadres du MRC dont Alain Fogué, le trésorier du parti et Olivier Bibou Nissack, porte-parole et conseiller de Maurice Kamto.

« Les arrestations, détentions arbitraires et poursuites devant les tribunaux militaires d’opposants qui se sont réunis pacifiquement, sont le dernier épisode de la répression des autorités camerounaises contre les voix dissidentes depuis fin septembre », avait déclaré Amnesty International en décembre 2020.

Fabien Offner, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International, avait estimé que « les tribunaux militaires ne devraient en aucun cas être compétents pour juger des civils tel que rappelé dans les directives et principes sur le droit à un procès équitable de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ».

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